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Mali : Abdoulaye Diop trace une ligne rouge face au JNIM et au FLA

Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a réaffirmé jeudi 7 mai 2026 au Palais de Koulouba, lors d’une séance d’information avec le corps diplomatique et consulaire accrédité au Mali, que le gouvernement de transition excluait catégoriquement toute négociation avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA). « Le gouvernement n’envisage pas de dialogue avec des groupes armés terroristes sans foi ni loi », a déclaré Diop. Cette prise de position, formulée devant les représentants de l’ensemble du corps diplomatique, intervient douze jours après les attaques coordonnées du 25 avril 2026, les plus graves enregistrées au Mali depuis le début du conflit en 2012.

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Abdoulaye DIOP, Ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale
Abdoulaye DIOP, Ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale
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La rencontre du 7 mai s’inscrivait dans le cadre des échanges périodiques entre le chef de la diplomatie malienne et le corps diplomatique. Elle a également été marquée par une minute de silence en hommage au général Sadio Camara, ministre de la Défense tué lors des attaques dans sa résidence de Kati, et par la remise, le même jour au Palais de Koulouba, des lettres de créance de quatre nouveaux ambassadeurs par le chef de la transition, le général Assimi Goïta.

Sur le JNIM, Diop a rappelé que ce groupe, branche sahélienne d’Al-Qaïda, figure sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies depuis le 4 octobre 2018, sous la référence QDe.159, en vertu de la résolution 2368 (2017). Il a souligné que cette inscription onusienne prive le JNIM de toute légitimité dans un cadre de discussion, indépendamment de la volonté du gouvernement malien.

Sur le FLA, Diop a opéré une disqualification par association. « En s’incriminant davantage avec le JNIM affilié à Al-Qaïda, le Front de Libération de l’Azawad a librement choisi de prendre fait et cause pour un groupe extrémiste reconnu comme terroriste par les Nations Unies, qui l’a inscrit sur la liste des sanctions le 4 octobre 2018. » Il a précisé que le FLA revendique la reprise de Kidal et des attaques coordonnées à Gao, ce qui, selon Bamako, exclut de facto le mouvement de tout cadre de concertation officiel.

Diop a également accusé des « sponsors étatiques et des acteurs hybrides » d’avoir appuyé les attaques du 25 avril dans l’objectif de « décapiter le leadership malien ». Ces allégations visant des États voisins non explicitement nommés ont été rejetées par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a nié toute implication de l’Algérie dans la crise.

Deux cadres maintenus : ANR et DIM

Malgré la ligne de refus sur les groupes armés, les autorités maliennes maintiennent deux plateformes de dialogue politique à destination des acteurs opérant dans un cadre institutionnel. Les Accords nationaux de réconciliation (ANR), issus du processus de dialogue inter-malien entamé en 2023, et le Dialogue inter-malien (DIM), mécanisme permanent de concertation nationale, sont présentés par Bamako comme les seuls espaces légitimes de discussion. Diop a indiqué que des combattants ayant abandonné la lutte armée continuaient d’être intégrés dans des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) dans le cadre républicain.

Cette distinction entre dialogue politique et compromis avec les groupes terroristes constitue la doctrine officielle de Bamako depuis la rupture avec les Accords d’Alger, que le gouvernement de transition a officiellement dénoncés en janvier 2024. Les accords d’Alger, signés en 2015, avaient permis un processus de paix avec des groupes armés à dominante touareg, dont plusieurs ont depuis rejoint ou se sont rapprochés du JNIM ou du FLA.

En parallèle de la séance diplomatique du 7 mai, le nouveau chef d’état-major général des armées (CEMGA), le général de division Élisée Jean Dao, nommé à la suite de la mort de Sadio Camara, a déclaré lors de sa prise de commandement qu’il s’engageait à « renforcer le secteur sécuritaire » et à « protéger les concitoyens et leurs biens ». Il a annoncé un « coup d’arrêt imminent » aux activités des groupes armés, sans en préciser les modalités opérationnelles ni le calendrier.

Notons que la résolution 2368, qui fonde la qualification onusienne du JNIM invoquée par Bamako, est soumise à examen annuel par le Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, dont la prochaine session est prévue au second semestre 2026.

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