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Mali : le général Élisée Jean Dao prend les commandes d’une armée sous pression

Nommé le 6 mai par Assimi Goïta, Dao hérite d’un commandement restructuré en dix jours après la mort du ministre de la Défense et l’offensive coordonnée du JNIM et du FLA. Son premier discours public, le 8 mai, a mis en avant la levée des blocages routiers jihadistes comme priorité immédiate.

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Mali : le général Élisée Jean Dao
Mali : le général Élisée Jean Dao
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Le général de division Élisée Jean Dao a présidé le vendredi 8 mai 2026 une cérémonie de pot de départ en l’honneur du général Oumar Diarra, promu ministre délégué à la Défense, occasion choisie pour son premier discours public depuis sa nomination à la tête des Forces armées maliennes (FAMa). Il a fait de la levée des blocages routiers imposés par les groupes armés sa priorité immédiate. « Deux ou trois individus par endroit ne peuvent pas entraver la circulation ainsi et incendier les biens des personnes. Cela finira inchallah », a-t-il déclaré devant le haut commandement réuni à l’État-Major général des armées.

Le général Dao avait été nommé chef d’état-major général des armées (CEMGA) par décret d’Assimi Goïta le 6 mai 2026, simultanément promu du grade de général de brigade à celui de général de division. Il remplace Oumar Diarra, qui occupait ce poste depuis le 1er septembre 2020. Sa désignation s’est produite dans un délai de dix jours après l’offensive coordonnée du 25 avril menée conjointement par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), qui avait ciblé au moins sept villes simultanément — dont Bamako, Kati, Kidal, Sévaré et Gao — et constitue le choc sécuritaire le plus grave depuis la déroute de 2012.

La nomination de Dao est l’aboutissement d’une reconfiguration accélérée au sommet de l’appareil militaire. Le 25 avril, le général Sadio Camara, ministre d’État chargé de la Défense et artisan principal du partenariat stratégique avec Moscou, a été tué dans un attentat qui a visé sa résidence à Kati, faubourg militaire de Bamako, dans les premières heures de l’offensive. Le 4 mai, par décret, Goïta a officiellement assumé lui-même le portefeuille de la Défense et des Anciens Combattants, concentrant ainsi les fonctions de chef suprême des armées et de ministre de tutelle. Simultanément, Oumar Diarra a été nommé ministre délégué auprès de lui, un poste de coordination subordonné, libérant la fonction de CEMGA pour Dao.

Élisée Jean Dao, sorti sous-lieutenant de l’École militaire interarmes de Koulikoro en 1996, a fait l’essentiel de sa carrière dans les rangs de la Garde nationale malienne, dont il a dirigé l’état-major de 2020 à 2023. Il a participé à plusieurs opérations contre les groupes armés, notamment lors de la bataille de Konna en 2013, un tournant dans le conflit qui avait précipité l’intervention française de l’opération Serval. De 2024 à sa nomination, il occupait le poste d’ambassadeur du Mali en Chine, un profil diplomatique inhabituel pour un commandant de terrain. Il était réputé proche de Sadio Camara, ce qui signale une continuité de doctrine plutôt qu’une rupture stratégique.

Des opérations militaires en cours et des résultats mitigés

Depuis le 25 avril, les FAMa et les forces de l’Africa Corps, l’entité qui a succédé formellement au groupe Wagner, ont conduit plusieurs opérations conjointes dans les régions de Niono et de Sévaré. L’ampleur coordonnée de l’offensive avait par ailleurs mis en lumière les lacunes des services de renseignement maliens. Le général Modibo Koné, patron de la Sécurité d’État, a lui-même été blessé. L’Africa Corps a concentré ses forces sur la défense de Bamako après avoir fait un retrait de Kidal.

Lors de sa première sortie publique depuis sa nomination, Dao a affiché sa volonté de « mettre fin aux entraves imposées aux populations sur plusieurs axes routiers », une allusion directe au blocus que le JNIM maintient sur les corridors d’approvisionnement entre Bamako et les ports de Dakar, Abidjan et Conakry, dont les effets sur les hydrocarbures et les denrées alimentaires ont été documentés depuis septembre 2025.

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