Madagascar : relance du mégaprojet Vara Mada en attente d’un accord d’investissement avec l’État
Le plus vaste projet minier de Madagascar, longtemps bloqué, semble recevoir un nouvel élan. Anciennement connu sous le nom de « Base Toliara » et renommé en décembre dernier « Vara Mada », ce chantier d’extraction de minerais stratégiques (ilménite, zircon, monazite) est porté par le groupe américain Energy Fuels et bénéficie d’un appui des autorités américaines. Implanté dans le sud‑ouest de l’île, une des régions les plus démunies du pays, il pourrait fonctionner pendant près de quatre décennies.

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Situé à Ranobe, à environ 45 km au nord de Tuléar, le projet représente un investissement estimé à quelque 1 milliard de dollars (environ 854 millions d’euros). L’un des intérêts avancés par les promoteurs est la production de monazite, riche en éléments des terres rares, dont la Chine garantit aujourd’hui près de 80 % de l’offre mondiale.
Exploré depuis le début des années 2000, le dossier a connu plusieurs propriétaires et changeants intitulés sans jamais se concrétiser, avant d’être mis à l’arrêt en 2019 à la suite de fortes mobilisations locales. Les porteurs actuels affirment vouloir éviter les erreurs du passé.
Mike Van Akkooi, vice‑président senior d’Energy Fuels et responsable national du projet à Madagascar, assure qu’une nouvelle équipe entend repartir sur des bases différentes, en privilégiant la transparence et un dialogue soutenu avec les communautés riveraines afin d’expliquer les modalités et les retombées prévues.
Un accord d’investissement à rendre public et à ratifier
La relance matérielle du chantier dépend de la signature d’un accord d’investissement avec l’État malgache, qualifié par les responsables du projet d’incontournable pour démarrer les travaux. Ce document devrait préciser l’ensemble des conditions financières et opérationnelles de l’opération.
Parmi les garanties évoquées figure une clause de stabilité destinée à préserver les termes convenus pendant la durée de vie de l’investissement, ainsi qu’une possibilité de recourir à l’arbitrage international en cas de litige. Les autorités doivent d’abord publier le texte, qui sera ensuite soumis à l’examen de la Haute Cour constitutionnelle puis au vote du Parlement.
Durant la phase de construction, Energy Fuels promet d’injecter plus de 500 millions de dollars (soit plus de 427 millions d’euros) dans l’économie nationale — un montant que la société compare à l’actuel flux d’investissements directs étrangers. Les promoteurs visent un démarrage des travaux en 2027, avec une mise en production envisagée entre 2029 et 2030.
Malgré ces perspectives économiques, le projet suscite encore l’opposition d’une partie des populations du Grand Sud, qui redoutent des impacts négatifs sur l’environnement et la santé. Ces inquiétudes avaient déjà été à l’origine des fortes contestations ayant conduit à la suspension du dossier en 2019.
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