Mort d’El Hacen Diarra en garde à vue à Paris — information judiciaire pour violences volontaires ayant entraîné la mort
Le parquet de Paris a annoncé lundi 19 janvier l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort ». Cette décision fait suite au décès d’un homme de 35 ans, de nationalité mauritanienne, survenu alors qu’il se trouvait en garde à vue dans un commissariat du 20e arrondissement de Paris.

SOMMAIRE
Une information judiciaire ouverte après un décès en garde à vue
La qualification retenue par le ministère public indique que la justice souhaite approfondir les circonstances exactes de la mort et déterminer d’éventuelles responsabilités pénales. Un juge d’instruction a été saisi et conduira désormais l’enquête judiciaire, qui peut comprendre des auditions, des confrontations et des expertises médico-légales.
Les images, la famille et le contexte communautaire
Une vidéo amateur réalisée par des voisins lors de l’interpellation circule et a été évoquée par la famille de la victime, qui dénonce des violences policières. Sur cet enregistrement, on distingue deux fonctionnaires de police ; l’un d’eux, à genoux, paraît porter deux coups de poing en direction d’un homme maintenu au sol. Ces images ont contribué à la diffusion rapide de l’information et à la mobilisation d’une partie de la communauté mauritanienne et des associations de défense des droits.
La victime a été identifiée comme El Hacen Diarra. Sa mort en garde à vue suscite une émotion particulière au sein des diasporas africaines présentes en France, qui suivent de près les procédures relatives aux décès en détention ou en garde à vue. Les associations et proches demandent des éléments de transparence sur le déroulé de l’interpellation et sur la prise en charge médicale qui a suivi.
Procédure judiciaire et appel aux témoins
Le parquet a appelé toute personne disposant d’informations susceptibles d’éclairer le déroulé des faits à se manifester. « Toute personne ayant été témoin ou disposant d’éléments permettant d’objectiver le déroulé des faits est invitée à les porter à la connaissance des enquêteurs », a indiqué le ministère public à l’attention des témoins éventuels.
Dans le cadre d’une information judiciaire, le juge d’instruction a la possibilité d’ordonner une autopsie ou toute autre expertise médico-légale afin d’établir les causes et les circonstances exactes du décès. Des actes d’enquête complémentaires – auditions de témoins, vérification des procédures de garde à vue, expertise des images vidéo – pourront être réalisés pour déterminer si les conditions d’interpellation et de retenue ont respecté les règles en vigueur.
La mise en examen éventuelle de fonctionnaires ou l’orientation du dossier vers un classement sans suite dépendront des éléments réunis au cours de cette phase d’instruction. La famille d’El Hacen Diarra et les organisations de la société civile continuent de demander la plus grande transparence sur l’avancée de l’enquête.

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