Menacée de lapidation pour avoir enseigné clandestinement le taekwondo à des filles

Khadija Ahmadzada, une jeune femme de 22 ans, a été interpellée le 10 janvier à Hérat, dans l’ouest de l’Afghanistan, pour avoir entraîné en secret des filles au taekwondo. Selon plusieurs témoignages, les forces en charge de l’application des règles morales ont découvert que la jeune femme donnait des cours d’arts martiaux dans une cour dissimulée de son domicile.

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La détention de Khadija a immédiatement suscité l’inquiétude des militants et des défenseurs des droits humains, qui craignent qu’elle n’ait déjà été condamnée à mort pour avoir enfreint l’interdiction talibane faite aux femmes de pratiquer un sport. Des rumeurs circulent, émanant de personnes proches de la famille, selon lesquelles un tribunal aurait rendu une sentence extrême : la lapidation.

Dans un message publié sur Instagram, la militante britanno‑afghane Shabnam Nasimi a dénoncé l’arrestation et appelé à une mobilisation en ligne pour attirer l’attention internationale. Elle affirme que des témoins ont vu la police de la morale faire irruption au domicile de Khadija, puis extraire la jeune femme et son père pour les placer en détention. La famille n’aurait, selon ces mêmes sources, reçu aucune nouvelle de Khadija depuis plus d’une semaine.

Réactions et appels à la mobilisation

Les appels à la mobilisation ont pris la forme d’une campagne sur les réseaux sociaux visant à « inonder Internet » du nom de Khadija afin de « sauver sa vie », selon les mots relayés par Mme Nasimi. Des associations de défense des droits humains et des militants indépendants multiplient les prises de parole pour signaler ce dossier auprès des médias internationaux et des institutions concernées.

Les soutiens estiment que l’attention médiatique et diplomatique peut pousser les autorités à reconsidérer des décisions potentiellement irréversibles. Les organisations qui suivent la situation en Afghanistan rappellent qu’il est difficile de vérifier de manière indépendante les informations transmises depuis des zones où l’accès des journalistes et des observateurs internationaux est restreint, mais elles tiennent à documenter et relayer les témoignages reçus.

Contexte des restrictions imposées aux femmes en Afghanistan

Depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, un ensemble de mesures a considérablement réduit les libertés des femmes et des filles afghanes. Les directives émises par les autorités incluent l’exclusion des filles de nombreux niveaux scolaires, l’obligation quasi systématique du voile et des restrictions strictes sur la mixité et les interactions en public.

Parmi ces mesures figurent des interdictions ciblées sur la pratique sportive féminine, appliquées par des services souvent qualifiés de police des mœurs ou par des tribunaux siégeant selon des critères religieux imposés par le régime. Les défenseurs des droits humains soulignent que ces restrictions affectent la vie quotidienne des femmes, leur accès à la santé, à l’éducation et à l’espace public, et contribuent à une atmosphère de peur vis‑à‑vis de toute activité perçue comme une transgression.

La description donnée par des témoins de la lapidation, une méthode d’exécution consistant à frapper une personne vivante à l’aide de projections de pierres jusqu’à ce qu’elle succombe, a amplifié l’urgence des appels à la solidarité internationale autour du cas de Khadija Ahmadzada.

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