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Madagascar : la CENI fixe un référendum en juin et la présidentielle à octobre 2027

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) de Madagascar a dévoilé vendredi son calendrier électoral prévisionnel pour la sortie de transition, annonçant la tenue d’un référendum constitutionnel en juin 2027, suivi de l’élection présidentielle en octobre 2027.

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Antananarivo, souvent appelée Tana ou Tananarive, capitale politique et économique de Madagascar
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L’annonce a été faite par Thierry Rakotonarivo, président de la CENI, à l’issue de la prestation de serment des nouveaux commissaires électoraux au Palais de la Cour suprême à Anosy, dans la capitale malgache. Ce calendrier s’aligne sur la feuille de route dite de la « Refondation » remise par le président de transition, le colonel Michaël Randrianirina, à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) le 28 février 2026. « Ces actions permettront d’organiser le référendum au mois de juin 2027, ainsi que l’élection présidentielle au mois d’octobre 2027 », a déclaré Thierry Rakotonarivo.

Le référendum portera sur l’instauration d’une Ve République et soumettra au corps électoral un projet de nouvelle Constitution dont la rédaction est attendue au premier trimestre 2027. Pour garantir la fiabilité du scrutin, la CENI a engagé une refonte complète du fichier électoral, dont le lancement est fixé à fin juin 2026 pour une durée d’environ onze mois, avec une clôture prévue le 25 avril 2027.

Cette opération de recensement électoral à grande échelle est jugée « essentielle pour la transparence du processus » et nécessitera selon la CENI un important dispositif logistique mobilisé sur l’ensemble du territoire de la Grande Île. En cas d’approbation de la nouvelle Constitution par référendum, la présidentielle programmée en octobre constituerait le premier scrutin présidentiel depuis le coup d’État d’octobre 2025 qui a renversé Andry Rajoelina.

Une transition née d’un coup d’État, sous surveillance régionale

Madagascar est dirigé par le colonel Michaël Randrianirina depuis le 17 octobre 2025, date à laquelle il a prêté serment comme président de la transition après avoir renversé Andry Rajoelina dans un contexte de violences ayant fait 22 morts en septembre 2025. La SADC avait exigé en janvier 2026 la présentation d’une feuille de route avant mars 2026, menaçant d’isolement diplomatique le régime de transition en cas de défaut. Conformément à cette injonction, le colonel Randrianirina avait remis le 28 février 2026 à Pretoria un document en quatre phases baptisé « Programme de la Refondation », prévoyant notamment des concertations nationales en 2026 et la rédaction d’une nouvelle Constitution en 2027. La SADC et l’Union africaine ont maintenu leur appel à « une transition inclusive avec un calendrier clair et la restauration durable de l’ordre constitutionnel », tout en saluant la remise du document.

La question de la candidature de l’ancien président Andry Rajoelina à la future présidentielle plane néanmoins sur le processus. Plusieurs ministres du gouvernement de transition avaient laissé entendre que Rajoelina ne pourrait pas y participer, car il a été déchu de sa nationalité malgache en octobre 2025, soit le mois même du coup d’État. Une partie de la classe politique malgache avait par ailleurs plaidé pour une transition de trois ans au lieu de deux, évoquant l’ampleur des réformes institutionnelles à conduire. Le référendum de juin 2027, en conditionnant la présidentielle à l’approbation préalable d’une Ve République, constitue donc tout à la fois l’horizon et la pierre de touche de la crédibilité de cette transition.

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