Nigeria : l’armée affirme avoir tué au moins 50 terroristes de l’Etat Islamique
L’armée nigériane a déclaré vendredi avoir tué au moins 50 terroristes de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO, connu sous l’acronyme anglais Iswap) lors d’une opération menée dans le nord-est du pays, épicentre d’une insurrection djihadiste qui dure depuis seize ans.

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L’attaque ciblait simultanément le quartier général de la 27e brigade et le poste de contrôle de la ville de Buni Gari, dans l’État de Yobe, dans la nuit de jeudi à vendredi vers 2 heures du matin. Deux soldats nigérians ont été tués lors des combats, selon la même source militaire. Des photos publiées par l’armée et consultées par l’Agence France-Presse montrent des corps, ainsi que des armes et des munitions récupérées sur les assaillants en fuite.
« L’assaut, lancé vers 2 heures du matin par un grand nombre de terroristes venant de plusieurs axes, a été accueilli par une puissance de feu dévastatrice, une tactique militaire brillante et la détermination inébranlable des troupes qui ont tenu leurs positions et infligé de lourdes pertes aux assaillants », a déclaré l’armée dans un communiqué publié vendredi. « Pas moins de 50 terroristes ont été neutralisés, tandis qu’une importante quantité d’armes et de munitions a été récupérée sur les fuyards », a-t-elle précisé.
Un responsable de la région a assuré que « la situation est désormais sous contrôle ». Une source du renseignement a cependant tempéré ce bilan, indiquant que le nombre exact de victimes militaires — morts et blessés — transportés dans six ambulances vers Maiduguri, capitale de l’État de Borno, reste incertain.
Une attaque revendiquée par l’EIAO, attribuée à Boko Haram par le gouverneur local
Le gouverneur de l’État de Yobe a attribué l’attaque à Boko Haram, tandis que l’EIAO en a formellement revendiqué la paternité, illustrant la rivalité persistante entre les deux groupes armés dans le bassin du lac Tchad. Cette confusion sur l’identité des auteurs n’est pas nouvelle : depuis la mort du fondateur de Boko Haram, Abubakar Shekau, en 2021, les deux factions se disputent territoire et combattants dans la région.
La recrudescence des attaques djihadistes dans le nord du Nigeria fait l’objet de nombreuses alertes ces dernières semaines. Le 21 avril 2026, au moins 23 personnes, dont trois enfants, avaient été tuées dans trois attaques distinctes dans le nord du pays, selon un rapport de l’ONU. Début avril 2026, un général nigérian avait publiquement reconnu une « recrudescence des attaques jihadistes » dans la région.
L’insurrection dans le nord-est du Nigeria a fait plus de 35 000 morts et deux millions de déplacés depuis son déclenchement en 2009, faisant de cette région l’un des foyers de violence les plus meurtriers du continent africain. L’EIAO, qui a prêté allégeance à l’organisation État islamique en 2015, compterait entre 3 500 et 5 000 terroristes selon une estimation du Conseil de sécurité des Nations Unies.


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