Jeune Afghane de 22 ans menacée de lapidation pour avoir enseigné secrètement le taekwondo à des filles
La détention d’une jeune femme afghane, identifiée comme Khadija Ahmadzada, a provoqué une vive inquiétude parmi les militants et défenseurs des droits humains. Ces derniers craignent qu’elle n’ait déjà été condamnée à mort pour une activité qualifiée d’« illicite » par les autorités talibanes, en l’occurrence la pratique d’un sport.

SOMMAIRE
Selon des témoins et des militants, la famille d’Ahmadzada n’aurait pas de nouvelles de la jeune femme, âgée de 22 ans, depuis plus d’une semaine. Des informations non confirmées circulent également selon lesquelles sa détention aurait été suivie d’une décision judiciaire extrême, la condamnation à la lapidation, peine décrite par des témoins comme « jeter des pierres sur une personne vivante jusqu’à ce qu’elle meure ».
Face à ces rumeurs et à l’absence de communications officielles, des activistes multiplient les actions pour attirer l’attention internationale et, espèrent-ils, empêcher une exécution. Ils appellent à la diffusion massive du nom d’Ahmadzada sur les réseaux sociaux afin de mobiliser l’opinion publique et les instances internationales.
Appels à la mobilisation et témoignages
Parmi les voix qui se sont exprimées figure la militante britanno-afghane Shabnam Nasimi, qui a relayé les faits sur Instagram. Elle a affirmé que Khadija « a refusé d’accepter qu’être une femme soit un crime » et a décrit l’arrestation comme la conséquence d’un acte de résistance silencieuse face aux règles imposées par les autorités locales.
Des témoins relatent que la « police des mœurs » des talibans serait intervenue, perquisitionnant le domicile d’Ahmadzada avant de procéder à son arrestation. Nasimi a ajouté que, selon ces mêmes témoins, Ahmadzada et son père auraient été extraits de force de leur habitation et détenus pendant plusieurs jours. Elle a exhorté ses abonnés à « inonder Internet » du nom de la jeune femme pour « lui sauver la vie » et soutient que la visibilité internationale peut contraindre un régime à se montrer prudent.
Contexte des restrictions imposées aux femmes
Depuis la prise de contrôle du pays par les talibans en 2021, une large partie des libertés dont jouissaient les femmes et les filles a été restreinte. Parmi les mesures rapportées figurent l’exclusion des filles de nombreux établissements scolaires, l’obligation de couvrir le visage et le corps en public, ainsi que des limitations strictes de déplacement et d’interaction avec des hommes non apparentés.
Les autorités talibanes ont également instauré des interdictions touchant des comportements quotidiens : le chant entre femmes, les conversations publiques et d’autres formes d’expression ont été sanctionnées dans le cadre de ce que les responsables ont qualifié de « stratégie de prévention du vice ». Ces règles sont mises en œuvre et contrôlées par des unités chargées de veiller aux « bonnes mœurs », fréquemment désignées comme la police des mœurs.
Les informations au sujet d’Ahmadzada restent partiellement corroborées et proviennent principalement de militants et de témoins locaux relayés sur les réseaux sociaux. Les appels à la mobilisation se multiplient en attendant des confirmations officielles ou des éléments permettant de vérifier la situation exacte de la jeune femme et le suivi judiciaire dont elle ferait l’objet.

Commentaires