Iran : 3 117 tués durant la vague de mobilisation, selon un média officiel
La télévision d’État iranienne a annoncé mercredi qu’un total de 3 117 personnes avaient été tuées lors du vaste mouvement de protestation qui a secoué le pays et a été réprimé par les autorités. Cette annonce reprend un communiqué de la Fondation iranienne pour les anciens combattants et les martyrs, organisme officiel chargé notamment de rendre hommage aux victimes des conflits et des événements internes.

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Bilan officiel et divergences chiffrées
Selon ce même communiqué cité par la télévision, 2 427 des personnes tuées sont considérées comme des « martyrs » au sens religieux, une qualification qui englobe notamment des victimes présentées comme « innocentes », mais inclut également des membres des forces de sécurité. La qualification de « martyr » revêt en Iran une portée symbolique et institutionnelle, ouvrant l’accès à des hommages officiels et à certains avantages sociaux pour les familles.
Ces chiffres officiels contrastent avec les estimations avancées par des organisations non gouvernementales. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège et citée par des instances onusiennes, fait état d’au moins 3 428 manifestants tués. Dans un registre encore plus alarmant, certains observateurs estiment que le bilan pourrait être bien supérieur, évoquant une fourchette pouvant dépasser 20 000 morts — des estimations qui restent difficilement vérifiables de manière indépendante.
Contexte, contraintes et réactions
Les manifestations massives en Iran ont débuté en septembre 2022 après le décès de Mahsa Amini, arrêtée par la « police des mœurs » pour non-respect supposé du code vestimentaire. Ce mouvement s’est rapidement étendu à de nombreuses villes et a pris une dimension nationale, articulant revendications en matière de libertés civiles, droits des femmes et contestation du pouvoir politique.
Plusieurs facteurs expliquent les écarts entre les bilans : restrictions d’accès à l’information, coupures d’internet localisées, difficulté des organisations indépendantes à documenter les événements sur le terrain, et classification officielle des victimes. Les autorités iraniennes ont par ailleurs mené des arrestations massives et des procès relatifs aux mois de contestation, compliquant le travail des enquêteurs et des familles pour établir des listes exhaustives.
Au plan international, les divergences chiffrées ont suscité des demandes d’enquêtes indépendantes et des appels au respect des droits humains. Des organismes des Nations unies, des ONG internationales et des gouvernements étrangers ont exprimé leur préoccupation face aux violences et aux restrictions des libertés fondamentales. Depuis l’Afrique, des voix politiques et de la société civile suivent de près l’évolution de la situation, eu égard aux implications pour les principes du droit international et la protection des ressortissants africains présents en Iran ou concernés par des relations diplomatiques et économiques.
Les autorités iraniennes n’ont pas fourni d’explication détaillée sur la méthodologie ayant conduit aux chiffres avancés par la Fondation pour les anciens combattants et les martyrs. Le désaccord entre les diverses sources souligne la difficulté d’établir un bilan consensuel et la nécessité d’une transparence accrue pour permettre une évaluation indépendante et complète des événements. Les familles des victimes et les organisations de défense des droits humains continuent de réclamer des comptes et des clarifications sur le sort des disparus et les circonstances des décès.

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