Erdogan espère que le dialogue et la diplomatie mettront fin aux troubles en Iran
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié, lundi 19 janvier, les troubles en Iran de « nouvelle épreuve » pour Téhéran et a mis en garde contre tout « piège » susceptible d’aggraver la situation. S’exprimant à l’issue d’une réunion de son cabinet au cours d’une allocution télévisée, le chef de l’État turc a insisté sur la nécessité d’une résolution politique des tensions.

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Erdogan appelle l’Iran à la prudence et au dialogue
« Nous observons tous les scénarios que l’on tente d’imposer par la rue », a déclaré M. Erdogan, appelant à « une approche politique subtile privilégiant le dialogue et la diplomatie » afin que « nos frères iraniens parviennent à surmonter cette période parsemée de pièges ». Il s’agissait, selon le président turc, de la première prise de position officielle d’Ankara sur les manifestations qui secouent la République islamique.
Erdogan a également averti que la Turquie « s’opposerait à toute initiative susceptible de plonger la région dans le chaos », réaffirmant ainsi la ligne diplomatique d’Ankara, axée selon lui sur la paix et la stabilité. Ces déclarations interviennent alors que la situation en Iran est évoquée par divers acteurs internationaux comme une source potentielle d’instabilité régionale.
Contexte régional et répercussions internationales
Les manifestations en Iran interviennent dans un contexte de difficultés économiques persistantes, aggravées par des années de sanctions internationales, et après ce que les autorités décrivent comme une confrontation militaire récente avec Israël en juin. Le mouvement de contestation a donné lieu, selon certains rapports, à des bilans humains lourds, faisant craindre une escalade des tensions internes et des répercussions au-delà des frontières iraniennes.
Du côté d’Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déjà pris position en début de semaine en affirmant qu’Ankara s’opposait à une opération militaire contre l’Iran. Cette mise en garde vise également les appels à des frappes évoqués à plusieurs reprises par le président américain Donald Trump, selon lesquels une intervention militaire avait été évoquée dans certains cercles internationaux.
La position turque se veut donc résolument diplomatique : Ankara se présente comme un acteur revendiquant la recherche de solutions politiques et le maintien de la stabilité régionale. Le rappel à l’ordre adressé à Téhéran souligne en outre la volonté d’Ankara d’éviter que de nouvelles hostilités ne débordent et ne créent un nouvel épicentre d’instabilité au Proche et au Moyen-Orient.
Pour les pays africains et pour l’Afrique en général, cette situation revêt plusieurs enjeux. D’une part, des tensions accrues au Proche-Orient peuvent affecter les routes commerciales maritimes et les approvisionnements énergétiques, d’autre part elles modifient les équilibres diplomatiques et sécuritaires, dans un contexte où plusieurs États africains entretiennent des relations politiques et économiques soutenues avec la Turquie et l’Iran. Ankara, acteur actif en Afrique, met ainsi en avant son rôle d’intermédiaire souhaitant prévenir une déstabilisation régionale aux conséquences transcontinentales.
Les évolutions dans les semaines à venir dépendront de la capacité des autorités iraniennes et des acteurs internationaux à privilégier le dialogue et la diplomatie, comme l’a réclamé la Turquie, et de la manière dont les puissances régionales géreront les risques d’escalade.

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