Budget: Lecornu engage la responsabilité gouvernementale par 49.3 sur les recettes
Sébastien Lecornu a engagé mardi la responsabilité du gouvernement sur la seule « partie recettes » du projet de loi de finances pour 2026 en recourant à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution, a-t-on appris à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a expliqué devant les députés qu’il agissait après avoir conclu un accord de non-censure avec le Parti socialiste, dénonçant par ailleurs « l’incapacité » du Parlement à « prendre sa responsabilité » en raison, selon lui, des agissements de « différents groupes politiques ».

SOMMAIRE
Le recours au 49.3 et ses implications constitutionnelles
L’utilisation de l’article 49.3 permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote, en engageant sa responsabilité devant l’Assemblée nationale. Cette procédure déclenche automatiquement la possibilité pour les députés de déposer des motions de censure : si une motion recueille la majorité absolue des suffrages, elle renverse le gouvernement.
Le Premier ministre avait précédemment renoncé à recourir au 49.3 en octobre dernier. Mardi, il a finalement opté pour cette voie sur la partie recettes du budget 2026, une décision qui souligne la tension persistante entre l’exécutif et les différents groupes parlementaires sur les mesures fiscales et les prévisions de recettes de l’État.
Réactions des formations politiques et dépôt de motions
La gauche radicale de La France insoumise (LFI) a annoncé immédiatement le dépôt d’une motion de censure à la suite de l’engagement de responsabilité, tandis que le Rassemblement national (RN) a promis d’en faire de même. Le Parti socialiste, avec lequel le gouvernement a obtenu un accord de non-censure, s’est engagé à ne pas soutenir ces motions dans le cadre de l’entente négociée.
Le dépôt de motions de censure ouvre une période politique délicate : les groupes d’opposition disposent d’un délai pour rassembler les signatures et provoquer le débat puis le vote. Si une motion n’aboutit pas, le texte est considéré comme adopté. Si elle aboutit et obtient la majorité, le gouvernement tombe et le texte est rejeté.
Contexte budgétaire et portée pour l’Afrique francophone
La partie « recettes » d’un projet de loi de finances comprend les prévisions de recettes fiscales, les mesures nouvelles en matière d’impôts et contributions, et l’équilibre financier attendu pour l’année à venir. L’adoption de ces dispositions sans vote parlementaire peut accélérer la mise en œuvre des politiques fiscales envisagées par l’exécutif pour 2026.
Depuis les grandes économies européennes jusqu’aux pays d’Afrique francophone, les décisions budgétaires en France suscitent un intérêt particulier en raison des relations économiques, financières et de coopération. Des choix en matière de fiscalité, de dépenses publiques et d’engagements internationaux peuvent influer sur la coopération bilatérale, l’aide publique au développement et les relations commerciales avec les anciennes colonies et partenaires africains.
Au moment de l’engagement de la responsabilité, le Premier ministre a dénoncé l’attitude de « différents groupes politiques » qui, selon lui, empêchent le Parlement d’exercer pleinement ses responsabilités. La suite de la procédure dépendra désormais de l’issue des motions de censure annoncées et des débats qui s’ouvriront à l’Assemblée nationale dans les prochains jours.

Commentaires