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Côte d’Ivoire : 28 Ghanéens piégés par de fausses promesses de voyage en Europe, rapatriés

Vingt-huit ressortissants ghanéens, pour la plupart des jeunes, ont été rapatriés sains et saufs au Ghana à la suite d’une opération de sauvetage menée conjointement par des agents de sécurité ghanéens déployés à Abidjan et des forces de l’ordre ivoiriennes, a annoncé samedi 10 mai 2026 le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, dans un communiqué de presse. Les victimes sont rentrées le samedi et collaborent aux enquêtes en cours visant à identifier et démanteler le réseau de trafic d’êtres humains.

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Quartier du Plateau, centre d'affaires d'Abidjan
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Selon le ministre, les victimes avaient été attirées par des trafiquants leur ayant promis un accès à l’Europe, notamment à la France, sous prétexte que les formalités de visa se traitent plus rapidement depuis la Côte d’Ivoire que depuis le Ghana. Ce mécanisme, documenté lors d’opérations précédentes, consiste à recruter des candidats au départ, à leur soutirer des sommes importantes en frais de « traitement de dossier », puis à les maintenir dans des conditions de contrainte en Côte d’Ivoire, pays présenté comme un simple pays de transit. Les victimes secourues sont actuellement en sécurité au Ghana et apportent leur concours aux investigations. Le gouvernement ghanéen a salué la coopération des autorités ivoiriennes et le partage de renseignements qui a permis le succès de l’opération.

Cette opération s’inscrit dans une série de sauvetages mis en œuvre par le ministère ghanéen des Affaires étrangères depuis juillet 2025. Lors d’une déclaration devant le Parlement le 23 juillet 2025, Ablakwa avait annoncé le rapatriement de 202 Ghanéens victimes d’un réseau lié au groupe Q-Net et opérant depuis le Nigeria. Il avait alors signalé que les enquêtes de l’ambassade du Ghana à Abidjan estimaient à plus de 500 le nombre de ressortissants ghanéens retenus dans des lieux discrets en Côte d’Ivoire en précisant que des opérations étaient en cours pour les localiser et les rapatrier.

Le mode opératoire est récurrent. Des recruteurs, parfois eux-mêmes d’anciennes victimes qui cherchent à récupérer leurs propres pertes en enrôlant de nouvelles proies, promettent des emplois ou facilités d’immigration en Europe. Les victimes sont orientées vers un pays dit « de transit », Nigeria ou Côte d’Ivoire, où les trafiquants affirment pouvoir obtenir des visas plus rapidement. Arrivées sur place, elles sont retenues sous contrainte physique et psychologique.

Dès avril 2025, une opération conjointe Interpol-Ghana-Côte d’Ivoire avait permis de démanteler un réseau similaire à Abidjan. Deux raids sur des sites de détention en février 2025 avaient permis de libérer 33 victimes originaires du Bénin, du Burkina Faso, du Ghana et du Togo et conduisant à deux arrestations dont le principal suspect, remis aux autorités ghanéennes. Youssouf Kouyaté, directeur général de la Police nationale ivoirienne, avait alors salué la « coopération étroite » avec la police ghanéenne et Interpol.

Un appel à la vigilance réitéré

Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a renouvelé son avertissement public contre les propositions frauduleuses de voyage et d’emploi à l’étranger émanant d’agences non agréées. Il a conseillé aux candidats à l’émigration de vérifier systématiquement toute offre auprès du ministère des Affaires étrangères, du ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations professionnelles, ou des missions diplomatiques du Ghana à l’étranger. Aucune arrestation n’a été annoncée côté ivoirien à la suite de l’opération.

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