Bénin : trois cadres de la CENA entendus par l’ARMP sur un marché d’enveloppes inviolables
Le directeur général des élections de la Commission électorale nationale autonome (CENA), Adam Soulé Abou Bakary, le directeur administratif et financier, Gomez Évelé, et la personne responsable des marchés publics, Donatien Fagninou, ont été auditionnés pendant près de deux heures le vendredi 8 mai 2026 dans les locaux de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), selon des informations du Groupe de presse Le Potentiel. L’objet de la convocation porte, selon des sources concordantes citées par ce media, sur des irrégularités présumées dans la passation d’un marché public relatif à l’acquisition d’enveloppes inviolables utilisées pour les élections législatives et communales du 11 janvier 2026 et la présidentielle du 12 avril 2026.

SOMMAIRE

Dans l’après-midi du même jour, l’ARMP a également auditionné le directeur national du contrôle des marchés publics (DNCMP) par intérim, dans le cadre du même dossier, selon Le Potentiel. Ni la CENA ni l’ARMP n’avaient communiqué officiellement sur ces auditions au 11 mai 2026.
Selon les éléments recueillis par Le Potentiel, un opérateur économique se présentant comme détenteur d’un brevet exclusif ou d’une licence d’exploitation pour ces enveloppes spécifiques dans dix-sept pays de la sous-région aurait saisi la CENA dès la publication de l’appel d’offres sur la plateforme de gestion des marchés publics SIGMAP. Cet opérateur aurait fait valoir qu’il était le seul prestataire autorisé à commercialiser ce type de matériel dans l’espace sous-régional concerné et que le lancement d’un appel d’offres restreint auprès d’autres sociétés ne disposant pas de ces droits constituait une violation de ses droits exclusifs.
Ses différentes correspondances adressées notamment au directeur général des élections seraient restées sans réponse. Les dossiers de soumission lui auraient finalement été transmis avec invitation à soumissionner au même titre que d’autres candidats. Le marché aurait ensuite été attribué à une société créée en 2024 pour un montant supérieur au coût auquel le plaignant proposait de fournir le même équipement, selon ce dernier. L’opérateur a finalement saisi l’ARMP pour arbitrage, ce qui a conduit aux auditions du 8 mai.
Un précédent judiciaire sur un marché similaire
Ce dossier présente des similitudes avec une affaire jugée définitivement par la Cour suprême du Bénin en octobre 2025, relative à des enveloppes sécurisées acquises pour les législatives de 2023. Dans ce précédent, la PRMP de la CENA de l’époque, Abdou Rafiou Suanon Kora, avait procédé à l’achat d’enveloppes sécurisées en gré à gré sur instruction du Conseil électoral. L’ARMP s’était autosaisie et avait prononcé son exclusion de la commande publique pour six ans le 25 novembre 2022. L’intéressé avait contesté cette sanction devant la Chambre administrative de la Cour suprême, qui l’avait annulée en 2024 ; l’Assemblée plénière de la haute juridiction avait définitivement confirmé cette annulation le 13 octobre 2025, rejetant le pourvoi de l’ARMP.


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