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Afrique du Sud: le délibéré dans l’affaire Kemi Séba repoussé au 19 mai

Le tribunal régional de Pretoria a reporté au 19 mai 2026 sa décision sur la demande de mise en liberté sous caution de l’activiste franco-béninois Kemi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, 44 ans. La décision était initialement attendue ce lundi 11 mai. L’activiste demeure en détention provisoire depuis son arrestation mi-avril, en compagnie de son fils.

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Afrique du Sud: l'audience de l'influenceur Kemi Seba reportée au 29 avril
Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba (au centre), son fils Khonsou Seba Capo Chichi (à droite), ainsi que leur complice présumé, François Van Der Merwe (à gauche), comparaissent devant le tribunal de première instance de Pretoria le 20 avril 2026. AFP - EMMANUEL CROSET
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Kemi Séba et son fils avaient été interpellés le 14 avril 2026 dans un centre commercial de Pretoria par la police sud-africaine, en compagnie d’un facilitateur ayant perçu 250 000 rands (environ 13 000 euros) pour les aider à traverser illégalement la frontière vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo, avec l’intention de poursuivre leur voyage vers l’Europe selon le parquet. Ils comparaissaient initialement pour séjour et tentative d’immigration illégaux. Lors de l’audience du 29 avril, le parquet sud-africain s’est opposé à toute libération sous caution, en avançant que Kemi Séba aurait planifié des attaques terroristes en Europe, accusations que l’intéressé et son avocat Sesedi Phooko ont catégoriquement rejetées. La défense a dénoncé une instrumentalisation politique.

L’affaire présente plusieurs volets juridiques en concurrence. Sur le fond immédiat, Kemi Séba est poursuivi pour immigration illégale, soupçons de blanchiment présumé et les accusations de terrorisme avancées par le parquet, qu’aucune inculpation formelle pour ce chef n’a encore consacrées. En parallèle, une demande d’asile politique a été déposée en Afrique du Sud depuis sa cellule, ajoutant une dimension de droit international à l’affaire.

Le Bénin réclame par ailleurs son extradition. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) avait émis un mandat d’arrêt international contre lui le 12 décembre 2025, pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion ». Ces poursuites font suite à une vidéo dans laquelle Kemi Séba avait salué la tentative de coup d’État manquée du 7 décembre 2025 au Bénin, qu’il avait qualifiée de « jour de la libération » du pays, avant que les putschistes ne soient neutralisés par l’armée régulière avec l’appui du Nigeria et de la France.

Un profil controversé au parcours complexe

Né franco-béninois, Kemi Séba a été déchu de sa nationalité française en 2024 à la suite de ses prises de position. Fondateur de l’ONG Urgences panafricanistes, il revendique 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux et est connu pour ses positions virulentes contre la France et les gouvernements africains proches de Paris. Il avait brûlé un billet de francs CFA au Sénégal en 2018 pour protester contre la monnaie commune. Le gouvernement militaire nigérien lui avait octroyé un passeport diplomatique depuis le coup d’État de juillet 2023 au Niger.

Son arrestation a par ailleurs mis en lumière sa présence lors de son interpellation en compagnie de François van der Merwe, militant suprémaciste blanc sud-africain, connexion soulignée comme révélatrice de liens paradoxaux au regard de son positionnement public. Des connexions avec des réseaux russes ont également été évoquées dans des enquêtes journalistiques.

Le 19 mai 2026, le tribunal de Pretoria devra se prononcer sur la mise en liberté sous caution, le maintien en détention, ou l’ouverture d’une procédure formelle d’extradition vers le Bénin.

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