Bénin : près de 200 agents de la SRTB visés par un licenciement massif
La direction de la Société de radio et de télévision du Bénin (SRTB) envisage de licencier 169 agents aux alentours du 17 mai 2026. La liste des agents concernés aurait été établie par le cabinet d’audit Reshuform, prestataire externe déjà chargé des recrutements stratégiques de la société, puis validée par les directions techniques selon Banouto. La SRTB, qui gère les sept médias audiovisuels publics béninois, n’avait pas réagi officiellement à ces informations.

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Les catégories principalement touchées seraient les secrétaires administratives, dont les postes sont jugés obsolètes dans le cadre de la modernisation de l’entreprise, ainsi que des agents régionaux redéployés à la suite de la fermeture des antennes de Djougou, Kandi et Lokossa. Selon les informations disponibles, une première vague avait déjà supprimé 47 postes d’agents d’entretien et de sécurité, suivie d’une trentaine d’autres départs. La vague annoncée pour le 17 mai représenterait la coupe la plus importante depuis la transformation de l’ORTB en SRTB S.A., officialisée par le décret du 8 novembre 2023.
La SRTB a été créée par fusion de l’ex-Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin (ORTB) et du Centre multimédia des adolescents et des jeunes du Bénin (CMAJB), avec pour objectif affiché de moderniser et de diversifier l’offre audiovisuelle publique. Son lancement médiatique avec une nouvelle identité visuelle n’a eu lieu que le 6 avril 2025, soit dix-huit mois après sa création juridique. Depuis lors, la société gère trois chaînes de télévision — Bénin TV, Bénin TV Junior, Bénin TV Alafia — et quatre stations de radio, dont Radio Bénin et Kiff FM.
Le Syndicat des travailleurs de l’audiovisuel public du Bénin (SYNTRAP) avait déjà sonné l’alarme en octobre 2024, lors d’une assemblée générale qui avait mobilisé l’essentiel du personnel de l’ex-ORTB. Les travailleurs dénonçaient des conditions de travail dégradées, une approbation tardive des budgets salariaux et ce qu’ils décrivaient comme une atmosphère de « mépris » de la direction vis-à-vis du personnel. En février 2026, une vague antérieure de licenciements avait provoqué la réaction commune de trois centrales syndicales, la CSA-Bénin, la CGTB et l’UNSTB, qui avaient déclaré la procédure « illégale » lors d’une déclaration commune du 21 février, dénonçant une décision annoncée sans préavis lors d’une réunion du 12 février 2026.
Une date symbolique et des enjeux éditoriaux
La date du 17 mai, si elle est confirmée, précède de peu la cérémonie d’investiture du président élu Romuald Wadagni. Des agents s’interrogent sur la composition des équipes techniques et éditoriales qui assureraient la couverture de cet événement institutionnel majeur. Des critiques internes avaient déjà été formulées après ce qui était décrit comme une couverture insuffisante des résultats de l’élection présidentielle du 12 avril 2026.
À Parakou, deuxième ville du pays, la fermeture du multiplex de Radio Parakou est décrite par les agents locaux comme un traumatisme persistant, illustrant selon eux le démantèlement progressif de la présence régionale de l’audiovisuel public béninois.


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