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Niger : les recettes minières ont triplé à 18 milliards FCFA en 2025

Le secteur minier du Niger a généré plus de 18 milliards de francs CFA (environ 32,6 millions de dollars) de recettes recouvrées et versées au Trésor public en 2025, contre 6,2 milliards en 2024, selon des chiffres annoncés le 4 mai 2026 par le ministre des Mines, le commissaire-colonel Abarchi Ousmane, lors d’un entretien diffusé sur la télévision nationale RTN. Cette progression de 190 % en un an s’accompagne d’une hausse significative des investissements consacrés à la recherche minière, qui ont dépassé 14 milliards de francs CFA en 2025, contre 2,3 milliards l’année précédente.

ECONOMIE
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Ville de Niamey AFP - MICHELE CATTANI
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La filière aurifère constitue le premier contributeur à cette croissance. Plus de 1,7 tonne d’or a été déclarée en 2025, pour une valeur estimée à plus de 109 milliards de francs CFA. S’y ajoutent plus de 200 kilogrammes issus de l’orpaillage artisanal valorisés à plus de 12 milliards de francs CFA, ainsi que 65 kilogrammes saisis par les forces de défense et de sécurité pour environ 4 milliards de francs CFA. Ces performances sont concentrées dans les régions d’Agadez et de Téra, qui concentrent l’essentiel de l’activité aurifère nigérienne.

Le ministre a précisé que plus de 1 800 tonnes d’uranium se trouvaient sous forme d’uranate sur le territoire nigérien, dont la valeur est estimée à environ 380 millions de dollars. Ces stocks correspondent à la production de la SOMAÏR, unique mine d’uranium en activité, qui n’a pas pu être exportée depuis la fermeture de la frontière avec le Bénin consécutive au coup d’État de juillet 2023 et la mise sous pression du groupe français Orano, actionnaire historique.

Le pouvoir de Namey, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a pris en décembre 2024 le contrôle opérationnel de la SOMAÏR, après avoir accusé Orano d’avoir violé le pacte d’actionnaire. Le groupe français, filiale de l’État français qualifié par les autorités nigériennes d’« État ouvertement hostile au Niger », n’a plus de prise directe sur les exportations depuis lors. Le projet Imouraren, l’un des plus grands gisements d’uranium non exploités au monde, reste à l’arrêt. Ces données de stock représentent donc un capital immobilisé plutôt qu’une recette effective.

Une stratégie de nationalisation et de diversification

Le gouvernement de transition a engagé depuis 2025 une politique explicite de souveraineté accrue sur les ressources extractives. Outre la nationalisation de la SOMAÏR, plusieurs permis d’exploitation ont été retirés à des entreprises occidentales, dont le projet Madaouela, auparavant détenu par la société canadienne GoviEx. Des permis de cuivre et de lithium ont été attribués à la Compagnie Minière de l’Air, société nationale. Une coentreprise baptisée Royal Gold Niger, lancée en avril 2025 avec l’émirati Suvarna Royal Gold Trading LLC, doit installer un complexe industriel intégrant raffinerie, atelier de bijoux et centre de taille-polissage de l’or.

Le ministre a également signalé la création de plusieurs sociétés minières au cours de l’année, dont une dédiée à la transformation de l’or, et a évoqué l’introduction du cuivre dans le portefeuille de ressources exploitées. Par ailleurs, d’importantes réserves stratégiques restent sous-exploitées. Le Niger revendique plus d’un milliard de tonnes de phosphate dans la région de Tahoua et entre 300 000 et 350 000 tonnes de lithium identifiées notamment dans la zone de Téra, deux ressources essentielles pour les filières de transition énergétique.

Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), la croissance du PIB nigérien est attendue à 6,7 % en 2026, portée notamment par la relance des secteurs minier et pétrolier, l’agriculture irriguée et les réformes économiques en cours. La charte de transition adoptée à l’issue des assises nationales de février 2026 fixe à cinq ans la période transitoire avant des élections prévues en 2030.

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