Cotonou : la mairie annonce une enquête après l’effondrement d’un mur d’école ayant fait huit blessés
Un pan du bâtiment principal de l’École primaire publique Yénawa-Daho s’est effondré dans la matinée du vendredi 8 mai 2026, sous l’effet de fortes pluies et de rafales de vent, blessant sept élèves et un enseignant. Un élève a été admis au bloc opératoire pour une blessure à la tête ; l’enseignant, atteint d’un traumatisme crânien, devait rester sous surveillance médicale pendant au moins quarante-huit heures sur instruction du ministre en charge des enseignements maternel et primaire. Aucun pronostic vital n’était engagé, selon la Direction départementale des enseignements maternel et primaire du Littoral (DDEMP), dont la responsable Alphonsine Gansa a déclaré sur Bip Radio que les blessés étaient « hors de danger ».

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L’incident s’est produit aux environs de dix heures alors que les responsables de l’établissement procédaient à l’évacuation des élèves vers un bâtiment en face des salles de classe, jugé plus sûr. Selon le témoignage de l’enseignant blessé relayé par Bip Radio, une partie des enfants avait déjà rejoint le refuge lorsqu’un vent violent s’est levé soudainement. Six élèves qui récupéraient encore leurs affaires dans la salle ont été pris dans l’effondrement. Trois salles de classe — celles des sections CM1, CE2 et CP2-B — ont été endommagées, ainsi qu’une partie de la clôture de l’établissement. Selon les premières constatations des responsables éducatifs, le bâtiment sinistré aurait été réalisé à l’initiative des habitants du quartier, avec des briques présentant une forte teneur en sable, signe d’une qualité de matériaux insuffisante. La DDEMP n’a pas confirmé officiellement cette information, qui figure dans les éléments recueillis au stade préliminaire de l’enquête.
Le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, s’est rendu le même jour au CHU-MEL au chevet des sept enfants hospitalisés, avant d’inspecter le site. Dans un message publié sur sa page Facebook, il a indiqué que « toutes les dispositions nécessaires ont été immédiatement prises afin d’assurer la prise en charge des frais médicaux des victimes ». Il a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cet effondrement » et a précisé que des mesures de renforcement de la sécurité dans les établissements scolaires de la ville seraient prises « en lien avec les services compétents ». Le ministre des Enseignements maternel et primaire était également présent sur les lieux dans la journée, selon les images diffusées par plusieurs médias béninois.
Un signal d’alerte sur le parc immobilier scolaire
L’effondrement de l’EPP Yénawa-Daho s’inscrit dans un contexte de préoccupations récurrentes sur l’état des infrastructures scolaires publiques à Cotonou et dans d’autres communes du Bénin. Plusieurs médias et associations de parents d’élèves avaient, dans les années précédentes, signalé des bâtiments fissurés, des toitures affaissées et des murs fragilisés par les infiltrations d’eau dans des établissements accueillant quotidiennement des milliers d’élèves. La ville de Cotonou entre dans sa saison des pluies, qui s’étend généralement de mars à juillet, avec un pic en mai-juin. Les niveaux de précipitations enregistrés ces dernières semaines avaient déjà provoqué des inondations dans plusieurs quartiers bas de la capitale économique.
L’enquête municipale annoncée par Luc Gnacadja n’avait pas encore produit de résultats publiés au 11 mai 2026.


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