Corée du Sud : une loi pionnière pour réguler l’IA entre en vigueur
La Corée du Sud a officiellement promulgué une loi cadre destinée à encadrer l’usage de l’intelligence artificielle (IA) sur l’ensemble du territoire national. L’entrée en vigueur de ce texte, annoncée le 22 janvier par le président Lee Jae Myung lors d’une réunion avec ses ministres, marque une étape importante dans la régulation des technologies numériques dans le pays.

SOMMAIRE
La Corée du Sud adopte un cadre légal pour l’intelligence artificielle
Ce nouveau dispositif législatif impose notamment aux entreprises de signaler aux utilisateurs lorsque des services ou des produits reposent sur des systèmes d’IA. Les médias sud-coréens présentent la loi comme une démarche pionnière à l’échelle mondiale, en raison de l’inclusion de dispositions spécifiques visant les images truquées hyperréalistes, communément appelées « deepfakes ».
Selon le gouvernement, le texte vise à renforcer la transparence autour des outils algorithmiques et à prévenir les usages malveillants de l’IA. Outre l’obligation d’information des usagers, la loi prévoit des mesures destinées à limiter les risques liés à la manipulation visuelle et sonore, à protéger les droits individuels et à défendre l’intégrité des communications publiques. Des mécanismes de contrôle et des sanctions en cas de non-respect doivent également encadrer l’application du texte.
Dispositions ciblant les deepfakes et mécanismes de mise en œuvre
Le volet consacré aux contenus synthétiques répond à la montée en puissance des deepfakes, qui peuvent altérer la vie privée, la réputation d’individus et la confiance dans les processus démocratiques. La loi impose une obligation de vigilance à l’égard de la diffusion de contenus manipulés et instaure des obligations de traçabilité et d’étiquetage pour signaler l’origine artificielle d’images ou de vidéos.
Parmi les dispositifs prévus, le texte encourage la mise en place de standards techniques pour détecter et marquer les contenus générés par l’IA, ainsi que la création de procédures de recours pour les personnes victimes de falsifications. Les autorités publiques pourront coordonner des actions de surveillance et d’intervention, en partenariat avec le secteur privé et la communauté scientifique, afin d’améliorer les outils de détection et d’atténuation des risques.
La loi s’inscrit dans un mouvement mondial visant à réglementer l’intelligence artificielle : plusieurs juridictions, dont l’Union européenne avec son projet d’AI Act, ont présenté des cadres visant à concilier innovation et protection des citoyens. La démarche sud-coréenne se distingue par son attention particulière aux contenus visuels manipulés et par l’obligation explicite d’informer les utilisateurs.
Répercussions internationales et perspectives pour l’Afrique
Pour les pays africains, l’adoption de ce texte en Corée du Sud constitue un signal sur l’évolution des normes internationales en matière d’IA. Les entreprises technologiques africaines et les acteurs publics pourraient tirer des enseignements de ce cadre pour développer leurs propres régulations nationales, adapter des standards de transparence et renforcer la lutte contre la désinformation assistée par IA.
Sur le plan économique, la loi sud-coréenne peut influencer les attentes des partenaires commerciaux et des investisseurs étrangers concernant la conformité des services numériques. Elle ouvre également la porte à des collaborations techniques et réglementaires entre États, notamment dans la formation d’outils de détection de deepfakes et la mise en place de bonnes pratiques pour l’étiquetage des contenus synthétiques.
Entrée en vigueur au début de l’année, cette loi marque un tournant dans la gouvernance de l’IA en Corée du Sud et enrichit le débat international sur la manière d’encadrer des technologies à la fois porteuses d’innovation et susceptibles de nuire aux droits et aux institutions publiques.

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