Burkina Faso : la vidéo-verbalisation entre en vigueur à Ouagadougou
Les autorités burkinabè ont mis en service dimanche un dispositif de vidéo-verbalisation destiné à sanctionner plusieurs infractions au code de la route dans la capitale. Des caméras installées par le ministère de la Sécurité enregistrent notamment les comportements dangereux aux carrefours et sur les principaux axes routiers.


Douze heures après le lancement du système, plus de 1 000 infractions avaient déjà été détectées, selon les autorités. Les violations les plus fréquentes concernaient le franchissement des feux rouges, les excès de vitesse et l’usage du téléphone au volant. Les contrevenants identifiés par les caméras reçoivent une notification sur leur téléphone. Ils doivent ensuite régler leur amende via Faso Arzeka, la plateforme de paiements numériques de l’administration publique, cinq personnes ayant déjà effectué leur paiement à la mi-journée.
Le gouvernement prévoit de multiplier par trois ou quatre le nombre de dispositifs installés à Ouagadougou d’ici 2027. Le système doit ensuite être progressivement étendu à d’autres villes du pays.
Pour le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana, la vidéo-verbalisation doit contribuer à responsabiliser les usagers et à réduire les comportements à risque. Le dispositif n’a pas seulement pour objectif de générer des recettes grâce aux contraventions, mais aussi de limiter l’insécurité routière, a-t-il expliqué.
Le ministère fait état de plus de 11 000 accidents de la circulation au cours du premier semestre 2026. Ces accidents auraient fait près de 650 morts et environ 9 000 blessés. « Si on touche les poches des usagers, on pourra faire fléchir ce phénomène », a déclaré Mahamadou Sana, en défendant le principe de sanctions automatisées. Les autorités espèrent ainsi faire respecter plus strictement les règles de circulation dans une ville confrontée à une circulation dense et à une forte présence de deux-roues.
Le ministère a également lancé une campagne de sensibilisation sur sa page Facebook. Des vidéos d’accidents y sont diffusées avec des rappels sur les limitations de vitesse, fixées à 50 km/h en ville et à 90 km/h hors agglomération, ainsi que sur le montant des amendes, compris entre 6 000 et 12 000 francs CFA selon les infractions.
Le ministre a enfin annoncé la création prochaine d’une brigade de recherche et d’investigation. Cette unité sera chargée de retrouver les conducteurs qui tenteraient d’échapper aux sanctions ou de se soustraire au dispositif de contrôle.


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