Ceuta : 1 700 places ouvertes, jusqu’à 4 000 migrants restent dehors
Près de deux mois après l’afflux massif depuis le Maroc, Madrid estime qu’environ 10 000 migrants sont toujours à Ceuta. Un nouveau site de 1 700 places doit absorber une partie des personnes restées sur les plages, tandis que 3 000 à 4 000 demeurent sans hébergement formel.

Les autorités espagnoles ont lancé vendredi 18 septembre une opération pour transférer des migrants installés sur les plages de Ceuta vers un centre temporaire aménagé dans le port, d’une capacité de 1 700 places. Le gouvernement central estime toutefois que 3 000 à 4 000 personnes restent encore sans hébergement formel dans l’enclave.
Selon les chiffres communiqués par le gouvernement espagnol et rapportés par Europa Press, environ 10 000 migrants en situation irrégulière se trouvent encore à Ceuta. Près de 6 000 sont hébergés dans des structures mises en place par les autorités, tandis que les autres dorment dans les rues, les collines ou sur les plages.
L’opération de vendredi a mobilisé des policiers antiémeute et des militaires. Reuters rapporte que des tensions ont éclaté au début du transfert en raison du nombre limité de places disponibles et que la police a tiré des balles en caoutchouc en l’air. Des migrants ont ensuite été escortés vers la zone portuaire.
Cette opération intervient après l’afflux exceptionnel des 30 et 31 juillet. Le gouvernement espagnol avait alors évalué à environ 70 000 le nombre de personnes entrées irrégulièrement à Ceuta depuis le Maroc. Dans les 72 heures qui ont suivi, environ 63 000 avaient quitté l’enclave, soit plus de 90 % des entrants selon Madrid.
Le 3 septembre, le gouvernement indiquait également avoir relocalisé 3 300 migrants et procédé à 3 658 rapatriements depuis le 10 août. Il avait annoncé l’objectif de retirer au moins 1 500 personnes supplémentaires des rues au cours des deux semaines suivantes en renforçant les capacités d’accueil et les procédures de retour.
La Commission européenne a accordé le 9 septembre une aide d’urgence de 114,7 millions d’euros à l’Espagne pour la gestion de la situation à Ceuta. Ces fonds doivent financer le renforcement de la surveillance frontalière, des infrastructures de sécurité, des installations de contrôle et d’accueil ainsi que les retours des personnes qui ne disposent pas d’un droit au séjour.



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