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Attaques au Mali : Bamako a payé le prix du départ français, estime Macron

Après les attaques coordonnées du 25 avril au Mali, Emmanuel Macron a relancé la polémique sur le départ forcé de l’armée française du pays. Depuis Nairobi, où il participe au sommet Africa Forward, le président français a estimé que le pouvoir militaire Malien n’avait « pas pris la meilleure décision » en exigeant le retrait des forces françaises, alors que Bamako fait face à une nouvelle pression terroriste.

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Le président français Emmanuel Macron a déclaré dimanche que l’ère du « pré carré » français en Afrique francophone était « terminée », à son arrivée au Kenya où il coorganise avec le président kényan William Ruto le sommet « Africa Forward » des 11 et 12 mai 2026 à Nairobi. En marge de ses déclarations d’arrivée, il a estimé que « l’actualité montre que la junte malienne n’a pas pris la meilleure décision » pour le Mali en exigeant le départ de l’armée française, qui y combattait une insurrection jihadiste jusqu’en 2022.

Macron s’exprimait dans un contexte de pression militaire croissante sur les autorités de Bamako. Depuis fin avril, le Mali subit une offensive conjointe de groupes terroristes et d’une rébellion à dominante touareg qui a infligé des pertes sévères à l’armée malienne. Le ministre malien de la Défense a été tué le 26 avril.

Un sommet délibérément déplacé hors du pré carré

Le choix de Nairobi pour un sommet Afrique-France constitue une rupture de format. C’est la première fois que cet événement se tient dans un pays anglophone du continent. Le conseiller Afrique de l’Élysée, Jérémie Robert, avait présenté la semaine dernière le sommet comme « une relation de plus en plus équilibrée avec l’Afrique » et comme le dernier grand sommet africain de la présidence Macron. Quelque 35 chefs d’État et de gouvernement africains sont attendus, selon les indications du président français.

Les dirigeants des trois pays de l’Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina Faso et Niger — figurent parmi les absents. Interrogé sur ce point, Macron a répondu que les pays d’Afrique de l’Ouest seraient représentés, citant notamment les dirigeants du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo.

Avant son arrivée à Nairobi, Macron avait fait escale samedi en Égypte, où il a inauguré avec le président Abdel Fattah al-Sissi l’Université de la Francophonie Senghor à Alexandrie. Une étape à Addis-Abeba est prévue le 13 mai pour une rencontre avec les responsables de l’Union africaine. Les conclusions du sommet doivent être formellement présentées lors du G7, prévu à Évian du 15 au 17 juin 2026.

Trois retraits militaires en quatre ans

La visite s’inscrit dans un bilan sahélien marqué par le retrait des forces françaises de trois pays en moins de quatre ans. Au Mali, le départ de l’armée française s’est achevé en 2022 à la demande du pouvoir militaire, qui avait parallèlement engagé des forces du groupe paramilitaire russe Wagner. Le Burkina Faso a ordonné l’expulsion des troupes françaises début 2023, le Niger a suivi après le coup d’État de juillet 2023. L’opération Barkhane, qui avait déployé jusqu’à 5 500 soldats français dans cinq pays du Sahel, a pris fin à la suite de ces retraits successifs.

La déclaration de Macron sur le Mali tranche avec la retenue habituelle des responsables français sur les développements militaires en cours dans ce pays. Elle intervient alors que le sommet Africa Forward, dont la vocation affichée est économique, doit selon l’Élysée illustrer un « partenariat renouvelé » fondé sur des investissements privés dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’énergie et du numérique.

Le forum d’affaires du sommet réunit plus de 2 000 dirigeants économiques africains et français, selon les données de Business France.

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