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RDc : des fonds de la CAF atterrissent sur un compte privé, la CAF sous pression

La Confédération africaine de football (CAF) se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une controverse liée à sa gestion financière, après des révélations faisant état de virements effectués directement sur le compte personnel d’un dirigeant du football africain. Selon plusieurs enquêtes médiatiques, environ 27 000 dollars, soit près de 15 millions de francs CFA, auraient été transférés au président de la Fédération congolaise de football, Jean-Guy Blaise Mayolas, dans un contexte déjà marqué par de graves accusations judiciaires à son encontre.

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Le patron de la CAF, Patrice Motsepe
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, s'exprime lors d'une conférence de presse au Maroc, le 9 avril 2026. © ABDEL MAJID BZIOUAT / AFP
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D’après les éléments rapportés, ces transferts se décomposent en deux opérations distinctes, réalisées fin décembre 2025 et début janvier 2026. Le premier virement, d’un montant de 1 985 dollars, aurait été suivi d’un second de 24 985 dollars. Officiellement, ces fonds étaient destinés à soutenir le paiement des salaires des employés de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT). Toutefois, les coordonnées bancaires communiquées à la CAF correspondaient au compte personnel de son président et non à celui de l’institution, ce qui soulève des interrogations sur la conformité de la procédure.

Aucun justificatif détaillé n’aurait été fourni pour encadrer ces opérations, alimentant les soupçons de manquements aux règles de gouvernance et de possibles irrégularités. Ce point constitue le cœur des critiques adressées à l’instance continentale, déjà fragilisée par plusieurs controverses récentes liées à la transparence de ses décisions et à la traçabilité de ses flux financiers.

La situation de Jean-Guy Blaise Mayolas renforce la portée de l’affaire. Le dirigeant congolais, à la tête de la FECOFOOT, fait l’objet de poursuites judiciaires dans son pays. Il a été condamné en mars 2026 à la réclusion à perpétuité par contumace pour des faits liés notamment à des détournements de fonds et à des opérations de blanchiment. Il est actuellement considéré comme en fuite et visé par un mandat d’arrêt international.

Par ailleurs, l’intéressé était déjà dans le viseur d’instances internationales avant ces révélations. Un rapport de la commission des finances de la FIFA avait conduit à la suspension de financements destinés à la fédération congolaise, en raison d’irrégularités présumées dans l’utilisation de fonds alloués au développement du football.

Une CAF sous pression sur la gouvernance

À ce stade, aucune communication officielle détaillée de la CAF n’a spécifiquement répondu à ces accusations. L’organisation maintient toutefois sa ligne de défense habituelle, affirmant ne tolérer aucune forme de corruption et s’appuyer sur des mécanismes internes d’audit et de contrôle. Cette position, régulièrement réaffirmée face à d’autres polémiques, contraste avec l’absence d’explications précises sur les circonstances ayant conduit à ces virements vers un compte personnel.

Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu pour la gouvernance du football africain. Entre contestations autour de la CAN 2025, critiques sur la transparence des décisions et précédents scandales impliquant des responsables de haut niveau, elle vient renforcer les interrogations sur l’efficacité des dispositifs de contrôle au sein de l’instance continentale.

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