Gérard Darmon : le passé de voyou algérien de son père, « Trompe‑la‑Mort »

Gérard Darmon est à l’affiche de la comédie Bis, diffusée le 7 août 2026 sur TMC, où il rejoint Kad Merad et Franck Dubosc dans un récit de voyage dans le temps vers 1986. Au-delà de sa carrière d’acteur, l’actualité récente le place au centre d’une polémique liée à l’annulation de la reprise de sa pièce Un château de cartes, mesure prise après des accusations qu’il conteste ; parallèlement, il demeure le témoin et le narrateur d’une histoire familiale hors du commun, celle de son père, Henri Messaoud Darmon.

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SOMMAIRE

Dans son livre Sur la vie de mon père, Gérard Darmon retrace le parcours méconnu de cet homme né près d’Oran au sein d’une famille juive modeste. Longtemps silencieux sur son passé, Henri Messaoud Darmon a laissé derrière lui une existence marquée par des transformations successives — de l’enfance sans repère paternel aux multiples métiers, jusqu’à son installation à Paris et à sa mort en 1996.

Le portrait que dresse le comédien mêle légende et éléments vérifiables : surnommé « Trompe-la-Mort » sous l’uniforme, il a servi comme cavalier parmi les spahis, puis, à Paris, exercé divers métiers — ouvrier, danseur mondain, et même gigolo au Balajo — tout en fréquentant le milieu des truands corses. Ces épisodes sont restitués par le fils qui a entrepris, après le décès du père, de lever le voile sur ces zones d’ombre.

Un parcours romanesque entre bravoure, clandestinité et paternité compliquée

La Seconde Guerre mondiale constitue un tournant majeur dans la biographie d’Henri Messaoud Darmon. Juif, il a échappé aux persécutions après une dénonciation, selon le récit de son fils, puis a travaillé comme chauffeur dans une base de la Wehrmacht tout en participant à des actions de Résistance. Pour Gérard Darmon, cette période représente « le sommet de la vie de son père ».

Le livre met en lumière un homme aux facettes contradictoires : proche des codes du milieu pour lesquels il montre de la loyauté, mais également porteur d’un certain sens de l’honneur. Le comédien écrit : « C’était sans doute un demi-sel mais un seigneur, un type loyal, qui ne plaisantait pas avec le code de l’honneur. » Ces mots décrivent une relation père-fils marquée par l’admiration et la distance.

La relation familiale apparaît longtemps difficile. Henri s’est marié avec Viviane dans ce que Gérard Darmon décrit davantage comme une union arrangée que comme une histoire d’amour passionnée. Devenu marchand de vins et spiritueux, le père rêvait d’une carrière d’avocat, aspiration que son fils rapporte mais qui ne s’est pas réalisée.

Le succès public de Gérard Darmon — notamment avec des films comme Le Grand Pardon — a contribué à modifier progressivement le regard paternel. Sans longues déclarations, leur relation s’est apaisée au fil des ans, ponctuée de moments de reconnaissance mutuelle, comme le souvenir évoqué d’une scène dans un café du faubourg Montmartre où Henri retrouvait, l’espace d’un instant, des bribes de son passé flamboyant.

À 78 ans, l’acteur reste, parallèlement à sa carrière et à la controverse autour de la pièce annulée, le dépositaire et le narrateur d’un héritage familial qu’il a choisi d’explorer et de raconter.

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