Au Maroc, les boucles naturelles s’affranchissent du réflexe lissage

Avec sept salons spécialisés et une marque née à Casablanca, Sanaa Lahlou mise sur une idée simple : comprendre la texture avant d’empiler les produits.

BEAUTé - MODE
Chevelure afro naturelle de type 4C, illustration des soins capillaires
Photo : Stephencdickson / Wikimedia Commons
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Longtemps, le réflexe face à des cheveux bouclés jugés secs, volumineux ou difficiles à coiffer a été de les lisser. Au Maroc, Sanaa Lahlou développe depuis 2018 l’approche inverse avec LS Cosmetics puis Bar à Boucles : partir de la texture naturelle, apprendre à la comprendre et ajuster les gestes plutôt que chercher à la transformer.

La fondatrice a lancé LS Cosmetics en 2018, avant d’ouvrir un premier Bar à Boucles trois ans plus tard. Le réseau compte aujourd’hui sept salons, dont quatre à Casablanca, ainsi que des adresses à Rabat, Tanger et Marrakech. Leur point commun est de travailler spécifiquement les cheveux bouclés, frisés, crépus ou ondulés, avec des équipes formées aux besoins de ces textures.

Lahlou insiste surtout sur un principe qui tranche avec les routines copiées sur les réseaux sociaux. Le type de boucle, de 2A à 4C, ne suffit pas à choisir ses soins. Densité, épaisseur, sécheresse, état du cuir chevelu, antécédents de coloration ou de traitements chimiques et habitudes quotidiennes peuvent conduire à des besoins très différents, même lorsque deux chevelures paraissent proches.

Pour commencer, elle recommande une routine courte plutôt qu’une accumulation de produits : un shampoing doux adapté au cuir chevelu, un soin hydratant si nécessaire, une crème coiffante puis un gel ou un produit de fixation. L’American Academy of Dermatology conseille également de démêler les cheveux bouclés ou crépus lorsqu’ils sont mouillés, avec les doigts ou un peigne à dents larges, et d’éviter le brossage à sec qui favorise frisottis et casse.

La chaleur reste un autre point de vigilance. Les dermatologues américains rappellent que les fers doivent être utilisés sur cheveux secs, à température basse ou moyenne, et que l’exposition excessive à la chaleur peut fragiliser la fibre. Chez Bar à Boucles, le séchage est plutôt pensé avec un tissu doux ou une microfibre puis un diffuseur à température raisonnable, afin de limiter les frottements tout en conservant la définition des boucles.

Cette évolution est aussi culturelle. Lahlou raconte que de nombreuses personnes ont grandi avec l’idée que leurs cheveux naturels étaient trop gonflés, trop secs ou impossibles à discipliner. Elle développe désormais une bibliothèque de contenus consacrée aux cheveux texturés, tandis que ses salons continuent d’accompagner adultes et enfants dans les quatre villes où le réseau est implanté.

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