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Détournement à la NPSP-CI : l’ancien DG Ange Désiré Yapi écope de 10 ans de prison

Le Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF) d’Abidjan a rendu jeudi 8 mai 2026 son verdict dans l’affaire de détournement à la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique de Côte d’Ivoire (NPSP-CI). Le Professeur Ange Désiré Yapi, ancien directeur général de l’institution, a été condamné à 10 ans de prison ferme et à une amende de 10 millions de FCFA. Son ex-directeur administratif et financier (DAF) faisait également partie des prévenus, contre lequel le parquet avait requis la même peine.

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Ange Désiré Yapi
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L’ex-DG de la NPSP-CI se retrouvait au cœur de deux dossiers instruits simultanément devant le PPEF. Le premier concerne les 124 000 seringues commandées en 2020 et jamais livrées, malgré un paiement de 252 millions de FCFA à la société Ivoire Seringues Pharma (ISP). Le second porte sur un vaste détournement de médicaments où des produits pharmaceutiques quittant les entrepôts de la NPSP n’étaient pas acheminés vers les structures sanitaires destinataires, mais réorientés vers un marché parallèle.

En octobre 2020, la NPSP-CI passe une commande de 124 000 seringues à Ivoire Seringues Pharma et règle intégralement la facture de 252 millions de FCFA. Les seringues ne seront jamais livrées. Les enquêteurs décèlent des anomalies flagrantes dans les documents fournis par le fournisseur. Placé sous mandat de dépôt le 17 février 2026 après avoir bénéficié d’une liberté provisoire sous caution, l’ex-DG avait plaidé à l’audience du 17 mars 2026 avoir été « abusé » par un fournisseur qui aurait « trompé la vigilance » de ses services. Il avait précisé que c’est l’auditeur interne de la NPSP qui avait alerté sur l’irrégularité. Le parquet avait requis 10 ans de prison et une amende de 10 millions de FCFA à son encontre.

Le second volet portait sur un vaste trafic de médicaments opéré depuis les entrepôts de la NPSP-CI. Des produits pharmaceutiques destinés aux structures sanitaires publiques étaient réorientés vers un marché parallèle. Neuf pharmaciens étaient poursuivis pour fourniture, stockage, distribution et vente illégale de médicaments hors du circuit officiel, blanchiment de capitaux et faux en documents administratifs, sur des faits remontant à mars 2023. À l’audience du 1er avril 2026, le tribunal avait condamné l’un des prévenus, Dr Okon Amany Landry, à 7 ans de prison ferme et de lourdes amendes. Trois autres accusés avaient écopé de 5 ans de prison ferme.

Un signal judiciaire fort

La peine de 10 ans de prison ferme infligée à l’ex-DG est l’une des plus sévères prononcées par le PPEF contre un dirigeant d’établissement public ivoirien depuis la création de ce pôle spécialisé. Elle s’inscrit dans la politique affichée par les autorités ivoiriennes de tolérance zéro face à la corruption dans le secteur de la santé publique. La NPSP-CI, chargée d’approvisionner l’ensemble des structures sanitaires publiques du pays, est une institution stratégique dont l’intégrité conditionne directement l’accès aux soins de millions de patients ivoiriens. Ce double scandale – 252 millions de FCFA de seringues payées et jamais livrées, et un trafic de médicaments détournés du circuit officiel – et le signe des vulnérabilités d’un système de santé publique confronté à des défis immenses.

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