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Côte d’Ivoire : 24 185 candidats pour 3 225 places au concours d’entrée à l’École normale supérieure

Les épreuves écrites du concours d’entrée à l’École normale supérieure (ENS) de Côte d’Ivoire pour la session 2026 ont été lancées dimanche 3 mai à Abidjan par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Adama Diawara, mobilisant 24 185 candidats pour 3 225 places ouvertes par la Fonction publique.

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La ville d'Abidjan
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Le concours est organisé en trois cycles distincts. Le concours des professeurs de lycée a ouvert le bal le 3 mai avec un peu moins de 3 000 candidats. Le concours des professeurs de collège suivra le 9 mai avec environ 8 000 candidats. Le concours des éducateurs se tiendra le 10 mai et concernera plus de 13 000 candidats, soit la part la plus nombreuse de l’effectif total.

Les résultats des épreuves écrites sont attendus pour la fin juin. Les épreuves orales se dérouleront durant la première semaine de juillet, suivies de la publication des résultats définitifs à la mi-juillet. Les admis suivront ensuite une formation de deux ans à l’ENS avant d’être affectés dans les établissements scolaires publics.

« La tricherie, la fraude et toute tentative de manipulation seront sévèrement punies. L’égalité des chances est garantie », a déclaré le ministre Diawara, qui a placé les épreuves sous le signe de la transparence du dispositif.

Un ratio d’environ 7,5 candidats par place

Le ratio global de sélection s’établit à environ 7,5 candidats pour une place, illustrant la pression exercée sur l’accès au métier d’enseignant en Côte d’Ivoire. Cette tension reflète à la fois l’attractivité du statut de fonctionnaire et la difficulté d’accès à l’emploi pour les jeunes diplômés, dans un contexte où le secteur privé peine à absorber les sortants de l’enseignement supérieur.

Selon les données de France 24 publiées en septembre 2025, le taux de chômage des jeunes diplômés ivoiriens atteint 15 %, contre 2,6 % pour la population globale et 4,8 % pour l’ensemble de la jeunesse. Germain Kramo, enseignant-chercheur à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université Félix Houphouët-Boigny, attribue ces chiffres à un accroissement rapide de la population active.

Le ministre de la Promotion de la jeunesse Mamadou Touré, lui, met en avant la « mauvaise orientation des jeunes » dans le choix des filières au moment des études supérieures. Le gouvernement a en réponse engagé en début d’année une revalorisation des primes de stage destinées à faciliter l’insertion professionnelle des diplômés. Depuis février, la prime du stage de qualification est passée de 45 000 à 75 000 FCFA, celle des stagiaires écoles de 15 000 à 25 000 FCFA, et celle des engagés dans les travaux à haute intensité de main-d’œuvre de 55 000 à 75 000 FCFA.

Une voie traditionnelle d’entrée dans l’enseignement public

L’ENS de Côte d’Ivoire, créée en 1964 et basée à Abidjan, demeure la principale voie de formation des enseignants du secondaire et des éducateurs du système public. Sa particularité tient à son double statut, à la fois établissement d’enseignement supérieur et concours administratif d’entrée dans la Fonction publique, ce qui en fait un débouché central pour les étudiants en quête de stabilité professionnelle.

L’ouverture de 3 225 places en 2026 traduit un effort de recrutement massif dans un secteur éducatif qui peine à absorber la croissance des effectifs scolaires, le pays comptant plus de 30 millions d’habitants pour un taux de scolarisation en progression continue. Le système éducatif ivoirien fait régulièrement face à un déficit d’enseignants qualifiés, en particulier dans les disciplines scientifiques et dans les zones rurales.

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