Côte d’Ivoire : Claire Bahi quitte la scène gospel et revient au coupé-décalé
Claire Bahi, pionnière ivoirienne du coupé-décalé, a officialisé son retour dans le genre musical qui l’a rendue célèbre lors d’un live TikTok dans la nuit du 27 mars 2026, et confie selon linfodrome.com le déploiement de sa carrière à la maison de production de DJ Kerozen.

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Tout commence en 2019, à la mort accidentelle de DJ Arafat, l’icône du coupé-décalé avec qui Claire Bahi avait des liens proches. Dévastée par ce deuil, elle quitte entièrement la scène musicale pour se consacrer à la foi chrétienne et s’engager dans la pastorale. « Je quitte le monde du coupé-décalé pour chanter à la gloire de Dieu. », avait-elle publiquement déclaré.
Mais l’expérience tourne mal. Sur plusieurs lives TikTok en 2026, Claire Bahi se plaint de pasteurs et membres d’une communauté chrétienne qui l’auraient « dépouillée moralement et financièrement ». Le 27 mars 2026, elle franchit le pas et annonce officiellement son retour : « J’étais partie faire l’œuvre de Dieu après une déception suite au décès d’Arafat. Ça n’a pas marché alors je reviens au coupé-décalé, la maison mère. » Elle précise toutefois continuer à entretenir « une relation personnelle avec Dieu » et en rejetant l’idée d’une rupture totale avec la foi.
Et pour ce retour, Claire Bahi a choisi de confier sa carrière à la maison de production de DJ Kerozen, figure incontournable du coupé-décalé contemporain. Une alliance perçue dans le milieu comme un gage sérieux. Kerozen — de son vrai nom Yobouet Constant Joël — est aujourd’hui l’une des valeurs les plus bankables du genre, avec une trajectoire d’exception qui l’a conduit des maquis de Yopougon aux scènes de Paris, après une reconstruction artistique portée par la productrice Emma Dobré.
Un retour salué, mais aussi contesté
L’annonce a suscité des réactions vives sur les réseaux sociaux. Sa collègue Vitale, l’une des rares femmes restées fidèles au coupé-décalé durant son absence, a exprimé son enthousiasme sur Facebook et salué ce retour comme une bouffée d’air frais pour un genre en manque de voix féminines. Mais la scène n’a pas été unanime. Kehou Mousso, surnommée la « reine du coupé-décalé », a tenu à recadrer l’annonce : « Claire Bahi n’est pas la reine du coupé-décalé, c’est moi la reine du coupé-décalé. On n’est plus dans le coupé-décalé de 2001. » La tension entre les deux artistes annonce un retour au premier plan qui s’annonce aussi artistique que médiatique.


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