Ceuta: 21 migrants renvoyés vers le Maroc pour avoir jeté des pierres sur des militaires
Une patrouille militaire visée par des jets de pierres samedi soir sur une plage de Ceuta : la Garde civile espagnole a identifié 21 migrants, renvoyés au Maroc, dans une enclave toujours sous tension trois mois après l'arrivée de dizaines de milliers de personnes fin juillet.


Vingt-et-un migrants ont été identifiés puis renvoyés au Maroc après avoir jeté des pierres sur une patrouille militaire samedi soir sur la plage du Trampolín, dans l’enclave espagnole de Ceuta, ont indiqué des sources de la Garde civile espagnole citées par l’AFP. L’échauffourée, sans faire de blessé ni de dégât matériel, s’est produite alors que l’enclave nord-africaine reste sous tension trois mois après l’arrivée massive de migrants venus du Maroc.
Selon ces sources, la Garde civile est intervenue pour identifier les personnes impliquées, qui ont accepté de regagner le Maroc. Le même jour, le gouvernement espagnol a pris le contrôle du port de Ceuta, dans le cadre du dispositif renforcé mis en place pour gérer l’afflux de migrants dans l’enclave.
L’incident survient dans un contexte de crise migratoire aiguë à Ceuta, enclave espagnole de 18,5 km² et 80 000 habitants située en Afrique du Nord. Plus de 70 000 personnes en provenance du Maroc y étaient arrivées les 30 et 31 juillet. Entre 5 000 et 10 000 d’entre elles s’y trouveraient toujours, selon des estimations qui varient entre le gouvernement central et les autorités locales, nombre d’entre elles vivant dans la rue à la recherche de nourriture et d’un abri.
Critiqué par l’opposition de droite et d’extrême droite pour sa gestion de la crise, le gouvernement de Pedro Sánchez a accéléré les renvois de migrants vers le Maroc. Ángel Víctor Torres, nommé fin août ministre coordinateur de la réponse gouvernementale à la crise de Ceuta, a annoncé le démantèlement des abris temporaires, faisant valoir qu’une identification plus rapide des migrants permet des reconduites plus rapides.
Un précédent comparable s’était produit fin août dans le quartier de Benzú, à Ceuta : une douzaine de migrants avaient été interpellés après des jets de pierres qui avaient blessé quatre militaires espagnols. Un tribunal de Ceuta avait ordonné l’expulsion de onze d’entre eux vers le Maroc, décision confirmée par le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie.
Les autorités espagnoles ont par ailleurs sollicité l’appui de Frontex et d’Europol pour accélérer l’identification et la prise en charge des migrants toujours présents dans l’enclave.



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