Washington appelle la communauté internationale à cesser les échanges avec le Nicaragua après l’exclusion de l’opposition des élections
Après l’adoption d’une réforme excluant l’opposition des élections et prolongeant le mandat présidentiel, Washington menace Managua de nouvelles sanctions et appelle ses partenaires à rompre leurs échanges avec le régime Ortega-Murillo.
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Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé, mercredi 2 septembre, les partenaires internationaux des États-Unis à « cesser immédiatement » leurs échanges avec le Nicaragua, après l’adoption par le Parlement nicaraguayen d’une réforme excluant les partis d’opposition des élections. La mesure, votée en première lecture par l’Assemblée nationale contrôlée par le président Daniel Ortega et son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, prolonge également le mandat présidentiel de six à sept ans et repousse à 2028 les élections initialement prévues en novembre 2026.
« Les dictatures qui bafouent les droits de leurs citoyens ne devraient pas bénéficier des mêmes avantages économiques ou politiques que les gouvernements engagés dans la défense de la paix et de la sécurité », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, dénonçant une « dictature brutale » à Managua et appelant la communauté internationale à accroître la pression sur le régime.
Le département d’État américain a de son côté accusé l’Assemblée nationale de « détruire les restes de la démocratie » dans le pays et promis des sanctions économiques et financières supplémentaires, qui doivent être évoquées lors de la prochaine réunion de l’Organisation des États américains (OEA).
La législation nicaraguayenne impose deux votes séparés pour toute réforme constitutionnelle. Un second scrutin, qui doit confirmer définitivement le texte, est attendu en janvier.
Un pouvoir contesté depuis plusieurs années
Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007, et Rosario Murillo dirigent le Nicaragua d’une main de fer depuis la répression des manifestations antigouvernementales de 2018, qui avait fait plusieurs centaines de morts selon des organisations de défense des droits humains. Le couple présidentiel a depuis multiplié les mesures visant à museler l’opposition, la presse indépendante et l’Église catholique, ainsi que les arrestations et déchéances de nationalité visant des opposants exilés.
Washington avait déjà averti, en juillet, que toute décision d’Ortega de mettre fin aux élections « mettrait à nu leur véritable nature autoritaire », selon un porte-parole du département d’État, qui avait qualifié le régime nicaraguayen de menace pour la sécurité régionale.
Le Nicaragua, pays d’Amérique centrale d’environ 7 millions d’habitants, entretient des relations tendues avec Washington depuis plusieurs années, marquées par des sanctions américaines réciproques visant des responsables proches du pouvoir. Les États-Unis n’ont pas précisé, à ce stade, la nature exacte des nouvelles sanctions envisagées ni leur calendrier.



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