Trafic d’êtres humains : un joueur du PSG et sa compagne accusés de travail forcé
Accusés de trafic d’êtres humains et d’exploitation par une famille de travailleurs colombiens, le défenseur du PSG Lucas Hernandez et sa compagne, Victoria Triay, font l’objet d’allégations graves couvrant la période de septembre 2024 à novembre 2025. Le parquet de Versailles a ouvert une enquête après les révélations publiées dans la presse française.

SOMMAIRE
Selon l’avocate de la famille plaignante, Lola Dubois, le couple aurait recruté cinq membres d’une même famille en Colombie pour assurer des fonctions d’agents de sécurité et de baby-sitters. Les proches affirment avoir été embauchés sans statut légal, contraints à des semaines de travail très longues — jusqu’à 82 heures — et privés de jours de repos, le tout pour une rémunération jugée insuffisante.
Hernandez, 29 ans, international français et vainqueur de la Coupe du monde 2018, et sa partenaire contestent ces accusations. Dans un communiqué relayé par leur entourage, ils déclarent avoir ouvert leur domicile et apporté leur aide à des personnes qui se présentaient comme des amis, et affirment avoir été « trahis ». L’agent du joueur a déclaré au média concerné être « complètement abasourdi » par ces allégations.
Les éléments avancés par la famille et leur défense
La plainte repose sur le témoignage de la fille de la famille, qui affirme avoir été contactée par Victoria Triay alors qu’elle travaillait comme infirmière en Colombie. Triay lui aurait proposé un emploi en France en lui promettant la régularisation de sa situation dans un délai de six mois. La jeune femme dit avoir rejoint le couple, rejointe ensuite par sa mère, son père et ses deux frères.
Selon Me Dubois, la famille a été payée uniquement en espèces, soumise à la signature d’accords de confidentialité en février 2025 et remise de fausses cartes d’identité. Après une dispute entre la fille et Triay, des contrats de travail auraient été présentés en octobre 2025 « à la dernière minute », indiquant des fonctions d’employés polyvalents à temps partiel et précisant un temps de travail de 86 heures par mois pour un salaire brut mensuel de 1 029 €.
Les déclarations de la famille évoquent également des risques encourus pour la sécurité du couple : lors d’une tentative de cambriolage au domicile du joueur en décembre 2024, le père aurait tiré un coup de feu pour faire fuir des cambrioleurs, selon le récit transmis aux enquêteurs et à la presse.
Procédure judiciaire et prises de position
Les personnes mises en cause nient « catégoriquement » les faits. Dans leur communiqué, le couple affirme n’avoir jamais agi par malveillance ni en méconnaissance de la loi, et demande que les faits soient examinés par les voies légales appropriées plutôt que par des spéculations sur les réseaux sociaux. Ils appellent au respect et à la décence face aux accusations publiques.
De son côté, l’avocate de la famille souligne l’absence de contrat écrit au début des relations de travail, estimant que cela prive les victimes de droits tels que les allocations chômage et la couverture sociale. L’affaire est entre les mains du parquet de Versailles, qui mène les investigations pour vérifier les éléments avancés par les parties.

Commentaires