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Sénégal : les députés adoptent une nouvelle loi pour punir les absences parlementaires

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté vendredi 8 mai 2026 une proposition de loi organique visant à mieux encadrer les absences parlementaires et renforcer la discipline au sein de l’hémicycle. Le texte, porté conjointement par Mohamed Selim Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, et Aïssata Tall Sall, présidente du groupe Takku Wallu, modifie l’article 118 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

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La proposition de loi n°10/2026 introduit un système gradué de sanctions contre les députés régulièrement absents sans justification. Selon le rapport de la Commission des Lois présenté par le député Youngare Dione, l’objectif est de remédier aux imprécisions du dispositif actuel et d’instaurer un mécanisme de responsabilisation des élus. Les mesures prévues vont de simples rappels à des sanctions plus strictes, incluant la suspension de l’indemnité parlementaire et même la possibilité de démission d’office pour les absences répétées.

Le texte a d’abord été examiné par la Commission des Lois le 6 mai 2026 avant son passage en séance plénière le vendredi 8 mai. Initialement envisagé comme une simple instruction du bureau de l’Assemblée nationale en avril, le projet a été transformé en proposition de loi organique pour renforcer son caractère contraignant. Cette démarche traduit une volonté de durcir le dispositif face au phénomène d’absentéisme parlementaire qui affecte la crédibilité de la représentation nationale.

Motivation institutionnelle

Les députés sénégalais ont soutenu cette réforme principalement pour restaurer la crédibilité de l’institution parlementaire face aux critiques croissantes de l’opinion publique concernant les sièges vides dans l’hémicycle. L’objectif central affiché par les porteurs du texte, Mohamed Selim Ayib Daffé et Aïssata Tall Sall, est de mettre fin à l’absentéisme chronique des parlementaires et de renforcer la présence effective des élus lors des travaux législatifs.

La réforme répond à un besoin de responsabilisation des élus face à leurs engagements envers la Nation. Le rapport de la Commission des Lois présenté par le député Youngare Dione souligne que le dispositif antérieur comportait des imprécisions nécessitant une clarification. L’initiative vise à rappeler que le statut de député, issu du suffrage universel direct, confère une responsabilité fondamentale, celle de représenter la Nation, participer aux travaux législatifs et contrôler l’action du gouvernement. Les promoteurs du texte considèrent que le phénomène d’absentéisme affecte directement la crédibilité de la représentation nationale.

Un aspect notable de cette réforme est son caractère bipartisan, portée conjointement par le président du groupe Pastef-Les Patriotes (majorité) et la présidente du groupe Takku Wallu (opposition). Mohamed Selim Ayib Daffé a défendu le texte comme étant impersonnel, ne visant aucun groupe politique en particulier, et a rappelé qu’une disposition similaire existait déjà dans le Règlement intérieur depuis 2002 sous l’article 104. Cette approche transpartisane suggère une volonté commune de renforcer l’assiduité parlementaire au-delà des clivages politiques.

L’initiative initiale du bureau de l’Assemblée nationale en avril 2026, qui prévoyait une simple instruction, a été transformée en proposition de loi organique pour renforcer son caractère contraignant. Cette évolution traduit une volonté de durcir le dispositif et de lui conférer une force juridique supérieure, avec un système de sanctions graduées plus précis et des garanties procédurales renforcées incluant une constatation fiable des absences et une procédure contradictoire.

Des sanctions graduelles

L’adoption n’a pas fait l’unanimité parmi les parlementaires. Plusieurs députés ont exprimé des réserves concernant un risque de remise en cause du mandat d’un élu au suffrage universel direct, craignant que certaines dispositions aboutissent à des mesures jugées excessives. En réponse, Mohamed Selim Ayib Daffé a rappelé que cette disposition existait déjà dans le Règlement intérieur depuis 2002 sous l’article 104, soulignant le caractère impersonnel du texte qui ne vise aucun groupe politique en particulier.

La réforme instaure une échelle de sanctions progressives, appliquée au cours d’une session ordinaire unique, lorsque les absences ne sont pas justifiées. Elle prévoit notamment un rappel à l’ordre après deux absences consécutives, puis des retenues sur indemnité à partir de six absences.

Le texte durcit les conséquences en cas d’absentéisme répété. À huit absences non justifiées, le député concerné s’expose à une suspension totale de son indemnité parlementaire. À dix absences, l’Assemblée nationale peut constater sa démission d’office, selon la procédure prévue par la nouvelle loi.

La réforme prévoit toutefois plusieurs garanties procédurales. Les absences doivent être établies de manière fiable et seules celles ne reposant pas sur une excuse légitime reconnue par le Bureau de l’Assemblée nationale peuvent être sanctionnées. Le député concerné doit être informé des griefs retenus contre lui et peut présenter des justificatifs, notamment au moyen d’une déclaration écrite et motivée adressée au président de l’Assemblée nationale.

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