Massacre de Sharpeville en Afrique du Sud : recours collectif historique contre l’État
Plus de six décennies après la tragédie de Sharpeville, des rescapés et ayants droit assignent le gouvernement sud-africain en justice pour briser l'immunité héritée de l'apartheid.

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Un survivant et des proches de victimes du massacre de Sharpeville du 21 mars 1960 ont déposé, le 3 septembre 2026, une requête devant la Haute Cour du Gauteng à Johannesburg. Cette démarche judiciaire sans précédent vise à faire autoriser une action collective d’envergure contre l’État sud-africain pour les exactions commises sous le régime ségrégationniste.
La procédure est portée par trois requérants principaux, au premier rang desquels figure Sekolotsa Abram Mofokeng, un survivant âgé de 87 ans qui avait été blessé par balle lors de la répression sanglante. Deux descendants de personnes tuées lors de la fusillade complètent ce groupe d’initiateurs, accompagnés sur le plan juridique par l’organisation Lawyers for Human Rights et le cabinet Leigh Day.
L’initiative rencontre déjà un écho important auprès des familles touchées par la fusillade policière. Plus de 70 survivants et ayants droit ont formellement manifesté leur intention d’intégrer ce recours collectif si la justice sud-africaine autorise formellement son ouverture à l’issue de l’audience préliminaire.
Au cœur de cette offensive judiciaire se trouve la contestation directe du cadre juridique instauré par l’ancien pouvoir blanc. Les plaignants exigent l’invalidation formelle de la loi d’indemnisation de 1961, l’Indemnity Act No. 61 of 1961, adoptée sous l’apartheid pour exonérer les forces de l’ordre de toute responsabilité civile et pénale consécutive au drame.
Vers des réparations financières et des poursuites pénales
L’abrogation visée par les requérants permettrait de réclamer des indemnisations financières directes auprès de l’État pour les lourds préjudices subis par les victimes et leurs familles. L’annulation de cette protection juridique d’époque rendrait également possibles d’éventuelles poursuites judiciaires ciblées contre d’anciens policiers responsables de la tuerie qui sont encore vivants.



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