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Le comité d’experts achèvent à Cotonou leurs travaux sur la réouverture de la frontière Bénin-Niger

Les comités d’experts béninois et nigériens ont achevé, dimanche 21 juin 2026 à Cotonou, leurs travaux conjoints sur les conditions de réouverture de la frontière commune. Les conclusions seront soumises aux présidents Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani, alors que Niamey pose deux préalables sécuritaires jugés essentiels avant toute reprise effective du trafic frontalier.

DIPLOMATIE
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Comite d'expert pour la réouverture de la frontiere Bénin Niger à Cotonou ce dimanche 21 juin 2026
Comite d'expert pour la réouverture de la frontiere Bénin Niger à Cotonou ce dimanche 21 juin 2026 PH: DR
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SOMMAIRE

Les comités d’experts béninois et nigériens chargés d’examiner les conditions de réouverture de la frontière commune ont achevé leurs travaux conjoints dimanche 21 juin en début d’après-midi à Cotonou, au terme de deux jours de réunions présidées par le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État nigérien de l’Intérieur et de la Sécurité publique, et par le ministre béninois de l’Intégration africaine, Olushegun Adjadi Bakari. Les deux délégations se sont accordées sur plusieurs points, selon les éléments communiqués à l’issue de la rencontre. Les conclusions seront soumises aux présidents Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani pour validation.

Les deux chefs de délégation ont salué l’esprit qui a guidé les échanges. La délégation nigérienne a toutefois formellement notifié deux préalables sécuritaires que Niamey considère comme non négociables pour toute réouverture effective. Le premier porte sur la signature d’un accord bilatéral de défense et de sécurité fondé sur le principe de non-agression, interdisant l’utilisation du territoire de l’un des deux États pour mener des actions hostiles ou de déstabilisation contre l’autre. Le second exige une transparence sur les dispositifs militaires étrangers stationnés à proximité des frontières nigériennes, assortie de la création d’une cellule de renseignements conjointe destinée à mutualiser les informations stratégiques face à la menace des groupes armés.

Ces deux exigences renvoient au contentieux qui oppose les deux pays depuis le coup d’État du 26 juillet 2023. Le Niger accuse le Bénin d’abriter sur son territoire des bases militaires étrangères susceptibles de servir à des opérations de déstabilisation, ce que Cotonou a toujours démenti. La cellule de renseignements conjointe répondrait, elle, à une menace partagée : les groupes armés qui opèrent dans les zones frontalières du nord du Bénin et du sud-ouest du Niger ignorent les frontières et frappent des deux côtés.

La mission du général Toumba à Cotonou, la première démarche nigérienne de ce niveau sur le sol béninois depuis la crise, marque une étape dans le processus. Ce membre du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, organe de la transition nigérienne, a quitté Niamey le 19 juin après une réunion de cadrage au cabinet du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, selon la Radiotélévision du Niger.

Un processus en trois étapes

Le rapprochement a débuté le 2 juin, lorsque le président Wadagni, investi neuf jours plus tôt, s’est rendu en visite officielle à Niamey, première visite d’un chef d’État béninois au Niger depuis le coup d’État. Les deux présidents avaient alors adopté un communiqué conjoint en neuf points et créé un comité d’experts avec un mandat de quinze jours pour proposer les modalités de levée des obstacles à la réouverture. Le Premier ministre nigérien avait installé ce comité le 5 juin.

Le 16 juin, un communiqué conjoint signé par les ministres Adjadi Bakari et Bakary Yaou Sangaré, chef de la diplomatie nigérienne, avait acté la clôture du premier cycle de travaux menés séparément par chaque délégation. Les deux parties s’étaient alors félicitées de résultats qualifiés de fructueux et avaient annoncé une réunion conjointe avant la fin de la semaine pour consolider les conclusions. C’est cette réunion, tenue les 20 et 21 juin à Cotonou, qui vient de s’achever.

L’enjeu du pipeline et du transit

La frontière entre les deux pays, longue d’environ 280 kilomètres, est restée fermée depuis près de trois ans. Après le coup d’État contre Mohamed Bazoum, le Bénin avait appliqué les sanctions de la Cédéao. Même après la levée de ces mesures, Niamey avait maintenu la fermeture. Le contentieux avait culminé autour du pipeline reliant les champs pétroliers d’Agadem au terminal de Sèmè-Kpodji, sur la côte béninoise. Long d’environ 2 000 kilomètres, cet ouvrage d’un investissement estimé à six milliards de dollars constitue la principale voie d’exportation du brut nigérien.

Aucun des communiqués officiels publiés depuis le 2 juin ne mentionne explicitement le pipeline, mais la question pétrolière et la relance du transit par le port de Cotonou sont au cœur de l’intérêt économique des deux parties. La réouverture de la frontière conditionne aussi la reprise des échanges commerciaux transfrontaliers, essentiels pour les populations des zones frontalières, notamment sur l’axe Malanville-Gaya.

Aucune date de réouverture n’a été annoncée. La prochaine étape dépend de la décision des deux chefs d’État, à qui le rapport final sera soumis. La réouverture reste suspendue à la réponse que Cotonou apportera aux deux conditions posées par Niamey.

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