En Tunisie, la canicule dure et continue d’alimenter la colère sociale

Face à des coupures d'eau et d'électricité qui se prolongent en pleine canicule, l'armée et la garde nationale distribuent de l'eau potable dans plusieurs régions tunisiennes depuis fin août, tandis que la colère sociale continue de monter faute de bilan officiel des décès liés à la chaleur.

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Vue de l'avenue Habib Bourguiba dans le centre-ville de Tunis, capitale de la Tunisie
Photo : Emnamizouni / Wikimedia Commons
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En Tunisie, la vague de chaleur exceptionnelle qui touche le pays depuis juillet continue d’alimenter la colère sociale, alors que les coupures d’eau et d’électricité se prolongent dans plusieurs régions et que les files d’attente s’allongent devant les magasins pour obtenir de l’eau en bouteille.

Face à la persistance des pénuries, l’armée et la garde nationale ont été mobilisées depuis le 28 août pour distribuer de l’eau potable par citerne dans les zones les plus touchées, avec environ 3 millions de litres injectés chaque jour dans la seule capitale, Tunis.

Dans la nuit du 26 au 27 août, le président Kaïs Saïed a réuni le chef du gouvernement, plusieurs ministres ainsi que les dirigeants de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede). Il a qualifié les coupures d’« actes prémédités » et de « plans criminels » visant à déstabiliser le pays, promettant des « mesures sévères » pour, selon ses mots, « écrire une nouvelle page de l’histoire » du pays.

Les autorités ne communiquent toujours aucun bilan officiel des décès liés à la canicule. L’Association des jeunes médecins de Tunisie a de nouveau dénoncé ce silence, évoquant des estimations comprises entre 150 et 200 morts liées à la chaleur depuis juillet; son président avait notamment fait état, un samedi d’août, de treize décès en moins de 24 heures.

Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux a de son côté averti que la situation menaçait « la paix et la sécurité », dénonçant une crise sociale structurelle. A Sfax, la centrale syndicale UGTT a critiqué la thèse du sabotage avancée par la présidence, l’accusant de détourner l’attention des problèmes économiques de fond.

Les producteurs d’eau tentent d’augmenter l’offre

Face à l’ampleur de la demande, les producteurs d’eau en bouteille ont accéléré depuis fin août leurs cadences de production pour tenter de reconstituer les stocks, sans parvenir pour l’instant à mettre fin à la ruée des consommateurs, qui redoutent une pénurie prolongée dans un contexte de coupures d’électricité qui perdurent depuis le mois de juillet.

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