Chine vs USA : architecture d’un duel à distance dans les minerais critiques en Afrique

Un rapport de la China Nonferrous Mining Corporation (CNMC) publié fin août 2026 détaille l'ampleur de son expansion cuivre-cobalt en Zambie et en République démocratique du Congo, sur fond de rivalité croissante avec les États-Unis pour l'accès aux minerais critiques africains.

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Des femmes lavent du minerai dans la mine artisanale de cuivre-cobalt de Kamilombe, près de la ville de Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, le 20 juin 2023. © Emmet Livingstone / AFP
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La China Nonferrous Mining Corporation (CNMC), entreprise minière chinoise cotée à Hong Kong, a détaillé fin août 2026 dans un rapport ses projets d’expansion cuivre-cobalt en Zambie et en République démocratique du Congo (RDC), deux pays qui concentrent une part croissante de ses capacités de production en Afrique. Relayé le 26 août par l’agence Ecofin, ce rapport illustre la stratégie chinoise de sécurisation des minerais critiques sur un continent où se joue une concurrence accrue avec les États-Unis.

Selon ce rapport, le groupe prévoit d’ajouter plus de 190 000 tonnes de production annuelle de cuivre d’ici 2030, avec un objectif global de dépasser 300 000 tonnes de cuivre autoproduit à cette échéance. La part de cuivre extrait par ses propres mines, plutôt qu’acheté à des tiers, doit ainsi passer de 26 % en 2025 à 55,6 % en 2030.

En Zambie, la CNMC mise notamment sur le projet de Luanshya, où elle vise une production annuelle comprise entre 40 000 et 55 000 tonnes de cuivre d’ici la mi-2027, pour un investissement évalué à environ 513 millions de dollars. Le site de Chambishi Southeast, également situé en Zambie, a retrouvé sa pleine capacité de production le 1er janvier 2026, tandis qu’un nouveau projet, à Samba, est en cours de développement.

En République démocratique du Congo, la CNMC développe le projet MSESA, à Kambove, dans la ceinture cuprifère du sud-est du pays. L’entreprise y vise une production de 15 000 tonnes annuelles à partir de la mi-2028, après un investissement de 22 millions de dollars pour la première phase. Pour financer une partie de ces projets, le groupe a émis des obligations convertibles pouvant atteindre 300 millions de dollars, à échéance 2031.

Le continent africain, terrain de rivalité sino-américaine

L’Afrique concentre près de 30 % des réserves mondiales de minerais critiques, selon l’agence Ecofin, des ressources essentielles à la fabrication de batteries et de véhicules électriques, mais aussi à l’aérospatiale et à la défense. Cette concentration attire un intérêt croissant, notamment de la Chine et des États-Unis, qui cherchent tous deux à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement en cuivre et en cobalt.

Pékin, à travers des groupes publics comme la CNMC, occupe depuis plusieurs années une position dominante dans l’exploitation et la transformation du cuivre et du cobalt en Zambie et en RDC, deux des principaux producteurs mondiaux de cobalt.

Washington a de son côté organisé, le 4 février 2026, une réunion ministérielle à Washington réunissant des délégations de plus de 50 pays, avec une attention particulière portée à la République démocratique du Congo et à ses réserves de cobalt et de coltan. Selon l’agence panafricaine AllAfrica, les autorités américaines y ont présenté un projet de réserve stratégique de minerais critiques doté de 12 milliards de dollars, destiné à réduire la dépendance des chaînes d’approvisionnement occidentales vis-à-vis de la Chine.

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