En Afrique, des fournitures et frais de scolarité jugés trop chers dans plusieurs pays

Au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et au Maroc, parents et associations de consommateurs dénoncent le coût des cahiers, livres et frais de scolarité à l'approche de la rentrée.

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Vue générale de Yaoundé, capitale du Cameroun
Photo : Kateregga1 / Wikimedia Commons
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C’est la rentrée des classes dans plusieurs pays d’Afrique, où la grogne des parents d’élèves monte face au coût jugé excessif des fournitures scolaires et, dans certains cas, des frais de scolarité, notamment au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et au Maroc.

Selon l’Institut national de la statistique camerounais, les dépenses annuelles moyennes pour l’éducation s’élèvent à environ 75 000 francs CFA par enfant, soit 114 euros. Des chiffres loin d’être réalistes, selon Simon Kaldjob, président d’un collectif regroupant une cinquantaine d’associations de consommateurs au Cameroun, qui juge les frais de scolarité trop élevés.

« Les collèges privés sont extrêmement chers, allant de 125 000 à 300 000 francs CFA [190 à 457 euros] pour un élève. Les lycées publics sont théoriquement gratuits. Mais pour y accéder, il va falloir acheter une place via la corruption, c’est-à-dire donner entre 50 000 et 100 000 francs [76 et 152 euros] », affirme Simon Kaldjob. « Pour un parent aujourd’hui au Cameroun, suivre l’éducation de son enfant est extrêmement difficile. »

En 2024, l’Afrique a importé environ 360 000 tonnes d’articles de papeterie, pour une valeur estimée à 779 millions de dollars. Les cahiers d’exercices représentaient près de 48 % des volumes importés, le Nigeria étant le principal importateur du continent. Le Cameroun figure également parmi les principaux marchés importateurs, avec près de 13 000 tonnes, une dépendance qui renchérit le prix des fournitures, aggravée par la hausse des coûts de transport et des matières premières.

Le coût des livres de programmes en Guinée

En Guinée, ce sont les livres de programmes scolaires qui posent problème, selon Mbany Sidibé, président de l’union des consommateurs du pays. Ces manuels devraient être gratuits et leur vente est officiellement interdite, mais des importations informelles continuent d’alimenter un marché parallèle. Mbany Sidibé estime que le niveau d’éducation, en particulier au sein de la classe moyenne, recule dans plusieurs sous-préfectures où de nombreux enfants n’ont pas accès à ces livres.

À Madagascar et au Maroc, comme l’année précédente, une pénurie de manuels scolaires agite également la rentrée. L’Alliance des libraires au Maroc a alerté le gouvernement sur la prolifération de ventes informelles de livres et de fournitures à l’approche de la rentrée, tout en dénonçant des marges jugées insuffisantes sur la vente des manuels scolaires.

Face à cette situation, les associations de consommateurs de plusieurs pays réclament un encadrement plus strict des prix des fournitures importées et une application plus rigoureuse de la gratuité annoncée des manuels et de l’accès aux établissements publics.

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