Or : face aux milliards perdus dans la contrebande, le modèle ghanéen séduit en Afrique
Premier producteur africain d’or, le Ghana a réussi à canaliser davantage de production artisanale vers ses circuits officiels en 2025. Un dispositif qui inspire désormais la Zambie, alors que le continent perd chaque année des milliards de dollars dans la contrebande.

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Face à des pertes de plusieurs milliards de dollars par an liées à la contrebande d’or, le Ghana, premier producteur africain du métal précieux, a fait entrer jusqu’à 3,8 milliards de dollars de volumes supplémentaires dans son circuit officiel en 2025, grâce à un nouveau dispositif de centralisation des achats. Ce modèle, porté par l’organisme public Ghana Gold Board (GoldBod), inspire désormais d’autres pays producteurs du continent, dont la Zambie.
Selon les estimations disponibles, entre 321 et 474 tonnes d’or artisanal échapperaient chaque année aux circuits officiels en Afrique, pour une valeur comprise entre 24 et 35 milliards de dollars. Une étude de l’ONG suisse Swissaid, publiée le 11 juin 2025 à partir des données commerciales de l’ONU (Comtrade), a chiffré à 229 tonnes l’écart entre les exportations d’or déclarées par le Ghana et les importations enregistrées par ses partenaires commerciaux entre 2019 et 2023, soit environ 11,4 milliards de dollars de recettes échappant au pays sur cette période. Une partie de cet or transiterait par le Togo, le Burkina Faso et le Mali avant de rejoindre les Émirats arabes unis, premier importateur mondial d’or africain non déclaré.
Depuis sa mise en place, le GoldBod centralise l’achat et l’exportation de l’or produit par les petites exploitations minières du pays. Les exportations artisanales officiellement déclarées sont ainsi passées de 63,6 tonnes en 2024 à environ 103 tonnes en 2025, pour des recettes en devises de 10,8 milliards de dollars. Une taxe de 2 % sur les volumes issus de la petite mine, instaurée en mars 2026, doit renforcer les recettes fiscales : selon la Chambre des mines du Ghana, le secteur minier dans son ensemble a versé 19 milliards de cedis au fisc en 2025, dont seulement environ 500 000 cedis (44 411 dollars) provenant des petites exploitations artisanales.
En Zambie, où l’exploitation artisanale échappe largement au contrôle de l’État, la déperdition est également considérable. Pour la seule année 2023, les Émirats arabes unis ont déclaré avoir importé pour 1,8 milliard de dollars d’or zambien, contre 128 millions de dollars officiellement exportés par Lusaka, selon les mêmes données commerciales.
La Zambie veut reproduire le modèle ghanéen
S’inspirant de l’exemple ghanéen, ZCCM-IH, le bras d’investissement minier de l’État zambien, veut désormais formaliser une partie de la production artisanale d’or du pays. Sa directrice générale, Kakenenwa Muyangwa, estime pouvoir ainsi débloquer plus de 1,8 milliard de dollars de valeur aujourd’hui captée par les circuits informels.
Un dispositif encore concentré sur une partie du secteur
Au Ghana, le système de traçabilité mis en place par le GoldBod couvre actuellement environ 600 exploitations artisanales, selon la Chambre des mines du pays, sur un secteur qui reste marqué par une production dispersée et difficile à contrôler dans son ensemble.



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