Guinée : l’UFDG « existe » et continuera de s’opposer aux violations des droits de l’homme, affirme Cellou Dalein Diallo

Depuis Paris, l’opposant guinéen en exil est revenu sur la dissolution de son parti et sur la découverte, fin août, d’une fosse commune près de Forécariah, qui a suscité de vives réactions en Guinée.

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Vue d'un bâtiment à Forécariah, en Guinée
Photo : Falilou224 / Wikimedia Commons
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L’ancien Premier ministre guinéen Cellou Dalein Diallo, réfugié en France, a affirmé début septembre à Paris que son parti, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), « existe » toujours et continuera de s’opposer aux « violations des droits de l’homme » en Guinée, malgré la dissolution officielle de sa formation prononcée en mars 2026 par le régime du président Mamadi Doumbouya. Sa sortie intervient alors que la découverte, le 24 août, d’une fosse commune contenant six corps près de Forécariah, dans l’ouest du pays, suscite l’indignation en Guinée et à l’étranger.

Les six corps, tous masculins et dont l’un appartenait à un homme d’une soixantaine d’années, ont été découverts par de jeunes ramasseurs de bois dans la sous-préfecture d’Allassoyah, à une centaine de kilomètres de Conakry. Les victimes avaient les mains liées et les yeux bandés. Aucune d’entre elles n’avait encore été identifiée au 1er septembre. Les corps ont été transférés à l’hôpital préfectoral de Forécariah pour autopsie et une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet local.

La découverte a suscité de vives réactions. Le 27 août, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Glenn Salic, a fait part de « la vive émotion » de la France et appelé à ce que « l’enquête soit menée en toute indépendance et en toute transparence ». Plusieurs organisations de la société civile guinéenne, dont Tournons la page Guinée et le Front national pour la défense de la Constitution, ainsi qu’une vingtaine d’ONG africaines, ont réclamé une enquête indépendante associant des experts médico-légaux internationaux. La Commission nationale de défense et de sécurité a pour sa part indiqué, le 29 août, qu’« aucune conclusion définitive » ne pouvait être tirée à ce stade.

Une première fosse commune, contenant quatre corps, avait déjà été découverte dans la même région de Forécariah en octobre 2025, sans que les circonstances en aient été pleinement établies depuis.

Un parti dissous mais toujours actif selon son chef

Le 8 mars 2026, le régime du colonel Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021, avait prononcé la dissolution de plusieurs partis d’opposition, dont l’UFDG. Cellou Dalein Diallo avait alors dénoncé une « décision injuste » visant selon lui à instaurer un « parti-État » et appelé ses partisans à la « résistance frontale ». En octobre 2025, une liste de 51 partis « certifiés » par les autorités guinéennes avait déjà exclu l’UFDG, tout comme le Rassemblement du peuple de Guinée de l’ex-président Alpha Condé.

« L’UFDG existe », insiste Cellou Dalein Diallo

Interrogé par RFI à Paris, Cellou Dalein Diallo a maintenu que sa formation restait active malgré son interdiction légale. « L’UFDG existe », a-t-il assuré, ajoutant que le parti continuerait à s’opposer à « la violation des droits de l’homme » en Guinée. L’opposant, contraint à l’exil, préside toujours la formation qu’il a fondée en 2007 et qu’il a dirigée lors de plusieurs scrutins présidentiels.

À ce jour, aucun suspect n’a été formellement identifié dans l’affaire de la fosse commune de Forécariah et l’enquête judiciaire, ouverte le 24 août, se poursuit sous la supervision du parquet local.

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