Cameroun : l’OMC conclut sa réunion ministérielle sans réforme
Quatre jours de négociations à Yaoundé se sont soldés, lundi 30 mars 2026, par l’absence d’un accord sur des dossiers majeurs à l’Organisation mondiale du commerce. Les débats, parfois vifs, ont mis en lumière des désaccords profonds entre pays comme l’Inde, le Brésil et les États‑Unis, alors que les participants espéraient avancer sur le commerce électronique et l’agriculture.

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La directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo‑Iweala, a résumé la situation en rappelant que les délégations ont manqué de temps pour sceller un compromis ; les pourparlers se sont d’ailleurs étirés tard dans la nuit sans déboucher sur une issue commune pour les dossiers prioritaires.
Le texte relatif au commerce numérique a cristallisé les tensions. Une moratoire, en vigueur depuis 1998, empêche l’imposition de droits de douane sur les flux numériques et est normalement reconduit tous les deux ans. Les États‑Unis défendaient l’idée d’une prolongation pluriannuelle, mais plusieurs pays, dont le Brésil, s’y sont opposés, tandis que des États en développement — l’Inde en tête — estiment que la mesure les prive de recettes douanières importantes.
Autre point de rupture : la réforme des règles de décision au sein de l’organisation. Le système actuel permet à n’importe quel membre des 166 Etats adhérents de bloquer l’application d’une mesure, et les négociateurs n’ont pas su s’entendre sur les changements proposés. La cheffe de l’OMC a souligné que des rapprochements existaient, sans pour autant qu’un accord définitif ait été atteint.
Quelles suites ?
Les discussions reprendront à Genève lors de la prochaine réunion du Conseil général, prévue en mai, où les délégations tenteront de transformer les avancées partielles en compromis formels. Les questions techniques et politiques restées en suspens — e‑commerce, gouvernance décisionnelle et dossiers agricoles — seront au centre des échanges à venir.
Ce nouvel échec à Yaoundé illustre la fracture persistante entre pays riches et pays en développement sur la répartition des bénéfices du commerce contemporain et sur la manière d’adapter les règles de l’OMC à la réalité économique actuelle. Les ministres et négociateurs auront désormais pour tâche de rapprocher des positions qui, pour l’instant, restent éloignées.



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