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Nigéria : massacres dans l’État du Plateau, le bilan s’élève à 16 morts, dont un policier

Au moins seize personnes ont été tuées et cinq autres enlevées lors d’une série d’attaques simultanées menées le week-end des 9 et 10 mai dans plusieurs localités du Plateau State, au centre du Nigeria, selon les sources communautaires et policières citées par The Sun. Parmi les victimes figure un agent de police. Les assaillants, armés, ont frappé de manière coordonnée dans les collectivités locales de Barkin Ladi, Riyom, Kanam et Pankshin, toutes situées dans le même État, centré sur Jos, capitale régionale située à environ 300 kilomètres au nord-est d’Abuja.

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Le bilan le plus lourd provient de Barkin Ladi, dont le chef-lieu du même nom a été touché simultanément dans quatre quartiers — Sabon Layi, Rakung, Gangare et le secteur de l’hôpital général, connu localement sous les noms de Zat et Bet. Selon Rwang Tengwong, secrétaire à la publicité de la Berom Youth Moulders Association (BYMA), sept corps dont celui d’un policier avaient été récupérés et déposés à la morgue dès les premières heures du dimanche, six blessés étant pris en charge dans des établissements de santé dont l’emplacement n’a pas été précisé. Le bilan a été remonté à dix morts dans Barkin Ladi au cours de la journée de dimanche, selon le quotidien Leadership. Une attaque distincte dans la communauté de Furyam Takzul, ward de Kantana, dans la zone gouvernementale de Kanam, a fait deux victimes supplémentaires.

Les incidents du week-end s’inscrivent dans un contexte de violences répétées qui ont endeuillé le Plateau State depuis début mai. Le 5 mai au soir, des hommes armés avaient tiré sur des habitants rassemblés devant leurs maisons dans la communauté de Nding Susut, district de Fan, à Barkin Ladi, tuant cinq personnes dont quatre femmes et un garçon de neuf ans, selon un communiqué de la police de l’État signé par le porte-parole SP Alfred Alabo. Dès le lendemain, des tireurs avaient ouvert le feu sur des personnes réunies pour un enterrement dans la même zone, contraignant les participants à fuir. Dans la nuit du 7 au 8 mai, onze membres de la communauté Irigwe ont été tués dans le village de Ngbrran-Zongo, district de Kwall, zone gouvernementale de Bassa, selon un communiqué du réseau de sécurité CLAIR Plateau Team relayé par Sahara Reporters.

La BYMA a indiqué dans son communiqué que 34 personnes au total avaient été tuées dans les communautés relevant du Secteur 4 de l’Opération Enduring Peace (OPEP) entre le mois d’avril et le 9 mai 2026, et que plus de 70 hectares de terres agricoles avaient été détruits. L’association a émis un vote de défiance à l’encontre du commandant du Secteur 4, l’accusant de « grossière incompétence et négligence » dans la protection des populations. Contacté, le capitaine Polycarp Oteh, officier de communication de l’OPEP, a indiqué qu’il publierait un communiqué sur le vote de défiance.

Des tensions structurelles entre communautés agricoles et éleveurs

Le Plateau State est depuis plusieurs décennies le théâtre de violences récurrentes mêlant conflits fonciers, tensions interethniques et affrontements entre éleveurs et agriculteurs. Les victimes appartiennent principalement aux communautés sédentaires Berom et Irigwe, chrétiennes. Les assaillants sont généralement présentés par les associations communautaires comme des « milices fulani armées », désignation contestée par la représentation nationale de l’association des éleveurs Fulani, le MACBAN, qui dément régulièrement toute implication institutionnelle. Le gouvernement de l’État du Plateau n’avait pas réagi officiellement aux attaques du week-end au moment de la publication de cet article, selon le Punch.

La série d’attaques la plus meurtrière dans cette région avait été celle de Noël 2023, quand des assauts coordonnés sur au moins dix-sept communautés des zones gouvernementales de Bokkos et Barkin Ladi avaient fait environ deux cents morts, selon Amnesty International. Le gouvernement fédéral avait alors promis des enquêtes et renforts sécuritaires, sans que la situation ne soit durablement stabilisée selon les organisations locales.

Aucune arrestation n’avait été annoncée au 11 mai 2026 en lien avec les attaques du week-end.

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