Bénin : Édouard Dahome installé aux commandes du ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Mines
Édouard Dahome a officiellement pris les commandes du ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, avec quarante ans d’expérience dans le secteur énergétique, notamment chez EDF où il était surnommé « Monsieur Afrique ». Le nouveau ministre hérite de deux chantiers majeurs, l’extension de l’accès à l’électricité et la relance du champ pétrolier de Sèmè, auxquels s’ajoutent la structuration du secteur minier et l’amélioration de l’accès à l’eau.

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Édouard Dahome a officiellement pris ses fonctions de ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines mardi 26 mai à la cité ministérielle de Cotonou, lors d’une cérémonie qualifiée par la présidence de « fort simple » réunissant les cadres du ministère, les partenaires sociaux et les collaborateurs proches. Son prédécesseur Didier Tonato qui avait assuré la transition énergétique novembre 2025, lui a passé la main après onze mois à ce poste. Dahome a affirmé sa détermination à « poursuivre les chantiers engagés tout en imprimant une nouvelle dynamique axée sur l’efficacité, la transparence et le développement inclusif ». Il a rendu un hommage appuyé à Tonato pour les réformes structurelles engagées durant ce bref mandat de transition.
Né le 1er novembre 1958, Édouard Dahome apporte au portefeuille une expérience de quarante ans dans le secteur de l’énergie, intégralement construite au sein d’EDF (Électricité de France). Diplômé de l’École polytechnique en 1980, il intègre l’entreprise à sa sortie et y gravit les échelons jusqu’au poste de directeur Afrique et Accès à l’Énergie, surnommé en interne « Monsieur Afrique ». Il quitte le groupe en 2016, après la nomination de Valérie Levkov à la tête de la direction Afrique et Moyen-Orient d’EDF. La même année, il cofonde avec l’ancien ministre béninois de l’Énergie Jean-Claude Houssou le cabinet DRH Énergie, spécialisé dans le conseil et le développement de projets énergétiques en Afrique. Il avait ensuite exercé les fonctions de coordinateur de la cellule stratégique de développement du secteur de l’électricité à la présidence de la République, puis de président du Conseil national de l’Autorité de régulation de l’électricité (ARE).
Un taux d’électrification à étendre et un champ pétrolier à relancer
Dahome prend ses fonctions alors que deux dossiers structurants sont en cours d’exécution. Le premier est le Pacte national sur l’énergie, qui fixe l’objectif de raccordement de 257 000 ménages supplémentaires par an. Le taux d’électrification s’établissait en janvier 2025 à 69 % en milieu urbain et 36 % en milieu rural, selon les chiffres officiels, laissant plusieurs centaines de milliers de foyers sans accès au réseau, principalement dans les départements septentrionaux. L’atteinte des objectifs du Pacte nécessite des investissements continus dans le réseau de distribution et dans les capacités de production, dont la centrale solaire FORSUN de Pobè, dont les travaux ont été lancés en 2025.
Le second dossier est la relance du champ pétrolier de Sèmè, au large des côtes béninoises, dont les installations sont inactives depuis près de trente ans. En février 2026, l’opérateur Akrake Petroleum a réussi le forage du puits AK-2H, marquant une étape décisive dans le redéveloppement du champ. La production initiale est estimée à 15 000 barils par jour, mais ne pourra démarrer qu’après la finalisation des connexions aux installations de surface. La supervision de ces connexions finales et la négociation des modalités d’exploitation avec Akrake Petroleum constituent l’un des premiers dossiers opérationnels du nouveau ministre.
Un secteur minier en structuration
Sur le volet minier, le Bénin dispose de ressources documentées en phosphates dans la zone d’Ouidah-Kpomassè et en calcaire dans plusieurs gisements du nord, sans cadre d’exploitation industrielle établi. La nouvelle nomenclature ministérielle — « Énergie, Eau et Mines » — signale la volonté du gouvernement Wadagni de traiter conjointement les ressources extractives et les infrastructures d’accès à l’eau potable, dans un contexte où les taux d’accès à l’eau restent inégaux entre communes rurales et urbaines. Dahome a cité parmi ses priorités le renforcement de la gouvernance du secteur et la promotion d’investissements durables, sans en préciser les modalités dans son allocution inaugurale.


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