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Rachida Brakni : son père enterré à Tipaza entre France et Algérie

Rachida Brakni, âgée de 49 ans, a annoncé le 14 juillet 2026 qu’elle refusait la remise de la Légion d’honneur qui figurait dans la promotion rendue publique ce jour-là. Sur son compte Instagram, l’actrice a expliqué que sa conception de « l’honneur » était incompatible avec cette distinction, rappelant une exigence morale qui traverse son parcours personnel et artistique.

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Ce geste s’inscrit dans une trajectoire marquée par la fidélité aux convictions familiales et par l’hommage rendu à son père, Kaddour, disparu le 15 août 2020. Dans son livre intitulé Kaddour, Rachida Brakni retrace la vie de cet homme arrivé d’Algérie et qui souhaitait être enterré sur sa terre natale, à Tipaza. Malgré les contraintes liées à la pandémie de Covid-19, sa famille a veillé au rapatriement et à l’inhumation selon sa volonté.

La décision publique de l’actrice de décliner une décoration d’État résonne avec l’héritage familial qu’elle décrit dans son récit : un père discret, souvent absent des récits, mais dont l’influence s’est révélée déterminante pour sa liberté de choix et son rapport à la reconnaissance.

Kaddour, un père taiseux entre deux rives

Née à Paris en 1977 et élevée à Athis-Mons, Rachida Brakni est la fille de parents originaires d’Algérie. Son père était chauffeur-livreur, sa mère femme de ménage ; aucun des deux ne savait lire ni écrire le français, et la jeune Rachida devint très tôt la porte-parole administrative de la famille. Le silence de Kaddour sur son passé a longtemps laissé des zones d’ombre.

Après sa disparition, l’auteure entreprend de reconstituer ce qui manque : « De toi je sais peu de choses… Quelques pièces de puzzle si éparses que je ne peux dessiner les contours de ton existence », écrit-elle en ouverture de son livre. Le récit vise à remettre en lumière le parcours d’un homme pris entre ses racines et sa vie en France, et à donner une voix aux travailleurs immigrés restés souvent anonymes.

Un épisode de l’enfance illustre l’éducation qu’elle a reçue. Alors qu’elle avait une douzaine d’années, une voisine signala à son père qu’elle discutait avec des garçons ; la réaction de Kaddour fut sèche et inattendue : « Je n’ai que des garçons. » Ce mot, d’abord mal compris, sera interprété par Rachida comme une volonté d’égalité et d’émancipation — un geste d’égalité qui lui aurait conféré les mêmes droits et libertés que les garçons.

Cette éducation a façonné son parcours artistique : entrée au Conservatoire, puis à la Comédie-Française, la comédienne a reçu le César du meilleur espoir féminin et un Molière en 2002. Dans ses déclarations publiques et dans son livre, elle reconnaît avoir reçu de son père « un passeport pour la liberté » et « un carburant qui continue de me propulser ».

Dans Kaddour, elle décrit aussi la fidélité d’un homme à sa terre natale et les liens persistants entre la France et l’Algérie, matérialisés par le souhait d’être enterré à Tipaza. Ce lien familial et culturel, selon elle, éclaire certaines de ses décisions publiques, comme le refus de la distinction honorifique ce 14 juillet 2026, qu’elle a qualifiée sur Instagram de contraire à sa conception de « l’honneur ».

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