Bénin : Édouard Dahome, “Monsieur Afrique” d’EDF, prend l’Énergie, l’Eau et les Mines

Édouard Dahome

Ministre de l'Energie, de l'Eau et des Mines — Bénin — Gouvernement du Bénin

Acteurs / Personnalités Politiques
Métier ou Fonction :
Ministre de l'Energie, de l'Eau et des Mines
Organisation :
Gouvernement du Bénin
Né(e) le :
1 novembre 1958
Pays :
Bénin

Bénin : Édouard Dahome, “Monsieur Afrique” d’EDF, prend l’Énergie, l’Eau et les Mines

Polytechnicien et expert de l'énergie, Édouard Dahome prend l'Energie, l'Eau et les Mines après plusieurs fonctions stratégiques dans le secteur.

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Bénin : Édouard Dahome, “Monsieur Afrique” d’EDF, prend l’Énergie, l’Eau et les Mines
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Édouard Dahome hérite du ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Mines avec un profil rare de technicien de haut niveau, forgé par trente-cinq ans de carrière chez EDF où il était surnommé « Monsieur Afrique ». Polytechnicien, ancien secrétaire d’État à l’Énergie et ex-président de l’Autorité de régulation de l’électricité, il arrive à la tête d’un portefeuille stratégique, au croisement de l’électrification rurale, de l’accès à l’eau, des mines et du dossier sensible du terminal pétrolier de Sèmè.

Édouard Dahome est nommé ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines le 24 mai 2026. Né le 1er novembre 1958, ce polytechnicien formé en France est l’un des profils les plus expérimentés du gouvernement dans le domaine énergétique. Ancien élève de l’Ecole polytechnique, il a passé plus de trois décennies dans l’écosystème d’EDF, où il a travaillé sur les questions d’électricité, de stratégie et de développement de services énergétiques. Il a notamment présidé EDF Afrique Services, avant de créer une structure de conseil spécialisée dans l’énergie.

Au Bénin, son expertise a été mobilisée auprès du ministère de l’Energie et de la présidence. Il a été conseiller, coordonnateur de cellule stratégique sur l’électricité, secrétaire d’Etat chargé de l’Energie à partir d’avril 2023, puis président de l’Autorité de régulation de l’électricité en mars 2024. Son portefeuille de 2026 est élargi à l’eau et aux mines. Édouard Dahome devra donc travailler sur trois secteurs lourds en investissements : sécurisation de l’approvisionnement électrique, accès à l’eau potable, régulation du secteur minier, partenariats public-privé et soutenabilité tarifaire. Sa mission consistera à accélérer les projets d’infrastructures tout en maintenant une gouvernance technique crédible.

Trente-cinq ans chez EDF : « Monsieur Afrique »

Édouard Denis Dahome est né le 1er novembre 1958. Son parcours de vie avant l’École polytechnique est peu documenté dans les sources publiques disponibles. Il est présenté par 24 Heures au Bénin comme « un Béninois de la diaspora qui a vécu en Guadeloupe » – information qui situe une étape de sa vie dans les Antilles françaises sans que les contours en soient précisés davantage.

En 1980, Édouard Dahome sort de l’École polytechnique de France – institution qui forme chaque année les élites scientifiques et techniques françaises, placée sous tutelle du ministère de la Défense et reconnue comme l’un des établissements d’enseignement supérieur les plus sélectifs du monde. Il intègre aussitôt EDF, l’entreprise nationale française d’électricité, directement à la sortie de l’X. Ce recrutement immédiat dans un groupe de cette envergure, courant pour les polytechniciens français, marque le début d’une carrière consacrée à un seul secteur pendant plus de quatre décennies.

Édouard Dahome passe trente-cinq ans dans le groupe EDF, ce qui constitue l’essentiel de sa vie professionnelle. Il y gravit tous les échelons jusqu’au poste de président d’EDF Afrique Services – la structure qui pilote les activités d’EDF sur le continent africain, des concessions de distribution aux projets de production, en passant par les partenariats avec les opérateurs locaux et les gouvernements.

Son surnom dans les couloirs d’EDF – « Monsieur Afrique » – dit l’étendue de son réseau et la durée de son engagement sur le continent. Il a, depuis Paris, accompagné la structuration du secteur électrique de plusieurs pays africains : négociations de contrats de production, formation des cadres des sociétés nationales d’électricité, montage de financements multilatéraux. Cette expérience lui donne une vision transversale du secteur que peu de spécialistes africains peuvent revendiquer : il connaît le continent autant par ses projets que par ses échecs.

En 2016, il quitte EDF. La raison n’est pas une démission : c’est le départ contraint qui suit la nomination de Valérie Levkov à la tête de la direction Afrique et Moyen-Orient du groupe – une classique recomposition de direction qui met fin à son mandat. Après trente-cinq ans, il quitte le groupe à 58 ans avec un réseau continental incomparable et une connaissance technique intégrale du secteur électrique africain.

DRH Énergie : le cabinet fondé avec Jean-Claude Houssou

Après EDF, Dahome ne prend pas sa retraite. Il cofonde DRH Énergie, cabinet de conseil et de développement de projets énergétiques en Afrique, en partenariat avec Dona Jean-Claude Houssou, alors déjà en orbite autour de la politique énergétique béninoise. Ce tandem est révélateur : Houssou connaît le financement de projets et les institutions multilatérales, Dahome maîtrise la technique et les opérateurs. Ensemble, ils positionnent DRH Énergie sur le conseil stratégique aux gouvernements africains et aux investisseurs souhaitant entrer dans le secteur électrique du continent.

Houssou est nommé ministre de l’Énergie par Patrice Talon en 2016. Dahome devient son conseiller technique à la stratégie énergétique, puis coordonnateur de la cellule stratégique de développement du secteur de l’électricité à la présidence de la République. Il passe ainsi du privé au cœur de l’appareil d’État béninois sans jamais quitter son domaine de compétence. Les deux hommes travaillent ensemble à définir la feuille de route du Bénin en matière d’énergie – électrification rurale, interconnexion régionale, transition vers les renouvelables, dossier du MCA-Bénin II – pendant sept ans.

Le décret du 17 avril 2023 : seul secrétaire d’État du gouvernement Talon

Lors du remaniement du 17 avril 2023, Patrice Talon crée pour lui un poste unique : secrétaire d’État à l’Énergie, un titre qui n’existait pas dans les compositions gouvernementales précédentes et qui ne sera pas reconduit après son départ. Il est l’unique membre de tout le gouvernement Talon à porter ce rang, intermédiaire entre le ministre de plein exercice et le simple conseiller. Ce titre insolite pour un gouvernement béninois traduit la volonté de lui donner une visibilité institutionnelle sans lui confier l’intégralité d’un portefeuille ministériel.

Son mandat est court : onze mois. Entre avril 2023 et mars 2024, il conduit une tournée d’inspection dans plusieurs localités du Bénin pour évaluer les avancées des projets d’électrification sur le terrain, accompagné de délégations de la CEB, de la SBEE, de l’ABERME et de CONTRELEC. Cette tournée d’octobre 2023, documentée par la CEB, révèle un homme qui veut voir par lui-même l’état des infrastructures – postes de transformation, raccordements manquants, coupures récurrentes – avant de rendre des comptes.

Il préside en juin 2023 la 40e réunion de coordination des partenaires techniques et financiers du West African Power Pool (WAPP) à Cotonou – rencontre qui réunit les représentants des pays membres de la CEDEAO sur les questions d’interconnexion électrique régionale. Sa crédibilité dans cette enceinte est directement fondée sur ses trente-cinq ans chez EDF : les interlocuteurs de la Banque mondiale, de l’AFD, d’IFC et des opérateurs régionaux le connaissent.

En mars 2024, le conseil des ministres le nomme président de l’Autorité de Régulation de l’Électricité (ARE) du Bénin. Les fonctions de président de l’ARE étant incompatibles avec celles de membre du gouvernement selon la loi béninoise, il quitte le secrétariat d’État et rejoint l’ARE. Cette transition est un approfondissement sectoriel : la régulation électrique est le mécanisme par lequel l’État fixe les règles du jeu entre les producteurs, les transporteurs, les distributeurs et les consommateurs. Connaître les règles de la régulation de l’intérieur lui donne un complément indispensable à sa connaissance technique de l’exploitation.

L’ARE compte sept membres, dont Gabriel Nounagnon Degbegni, ancien coordonnateur national du MCA-Bénin II, et Bintou Chabi Adam Taro, ancienne ministre des Affaires Sociales.

Les défis d’un secteur en tension

Romuald Wadagni, qui a travaillé dix ans aux côtés de Dahome dans les décisions énergétiques béninoises – le dossier énergétique a toujours traversé le ministère des Finances – le nomme le 24 mai 2026 ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines. C’est une promotion : de secrétaire d’État, il devient ministre de plein exercice, avec un périmètre élargi aux mines et à l’eau.

Il prend le portefeuille à 67 ans, avec plus de quarante ans d’expérience sectorielle. Son successeur au secrétariat d’État en 2024, Samou Seidou Adambi, avait assuré l’intérim entre son départ et l’investiture de Wadagni.

Le portefeuille qu’hérite Dahome concentre trois dossiers d’importance variable.

Sur l’électricité, le taux d’accès reste inférieur à 45 % de la population totale et à 15 % en zone rurale selon les données de la Banque mondiale. Le Bénin importe une part significative de son énergie du Nigeria et du Ghana à travers la CEB, ce qui le rend vulnérable aux interruptions d’approvisionnement régionales. Le programme d’électrification rurale du MCA-Bénin II, dont plusieurs projets solaires décentralisés sont en cours, constitue le chantier prioritaire.

Sur le pétrole et les mines, le terminal de Sèmè – au cœur du différend avec le Niger – est directement rattaché à ce ministère, puisqu’il gère l’infrastructure côté béninois. La normalisation des relations avec Niamey suite aux accords du 18 mai 2026 rend ce dossier immédiatement actif. Le Bénin dispose également de ressources aurifères dans le nord du pays, dont l’exploitation commence à se structurer.

Sur l’eau, l’accès à l’eau potable en milieu rural reste l’un des enjeux sociaux les plus aigus, documenté par plusieurs indicateurs de développement humain défavorables dans les zones périphériques.

Dahome arrive avec une crédibilité technique incontestée et un réseau de partenaires financiers internationaux directement mobilisable. Il est l’un des rares membres du gouvernement Wadagni dont la légitimité sectorielle ne peut être sérieusement contestée par aucun acteur du secteur.

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