Avant Trump-Xi, Pékin propose son aide sur l’Iran contre des concessions sur Taïwan
À l’approche de la visite d’État de Xi Jinping à Washington, Pékin devrait demander un recul américain sur les ventes d’armes à Taïwan et offrir en retour son aide pour peser sur l’Iran, selon Reuters.

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À l’approche du sommet Trump-Xi à Washington, Pékin devrait demander à Donald Trump de freiner les ventes et livraisons d’armes américaines à Taïwan, tout en proposant son aide pour faire pression sur l’Iran, selon Reuters.
L’agence cite trois sources proches des discussions sino-américaines. Leur récit fait de Taïwan et de l’Iran deux dossiers désormais liés dans la négociation qui précède la visite d’État de Xi Jinping aux États-Unis.
Xi Jinping devrait notamment s’appuyer sur le communiqué conjoint sino-américain de 1982, dans lequel Washington avait indiqué son intention de réduire progressivement ses ventes d’armes à Taïwan. Un mémorandum de Ronald Reagan précisait toutefois que cette réduction restait conditionnée à l’engagement de Pékin en faveur d’un règlement pacifique du différend avec l’île.
L’enjeu est désormais chiffré. L’administration Trump a approuvé en décembre un paquet d’armes de 11 milliards de dollars destiné à Taïwan, tandis qu’un second ensemble d’environ 14 milliards de dollars reste en suspens depuis plusieurs mois. Après son sommet de mai avec Xi Jinping à Pékin, Donald Trump avait lui-même présenté ce dossier comme un levier de négociation.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé que Xi Jinping effectuera une visite d’État aux États-Unis du 23 au 25 septembre et que les deux dirigeants doivent échanger sur les principaux sujets bilatéraux et internationaux. Pékin n’a toutefois pas confirmé publiquement l’existence du marchandage décrit par Reuters.
Taïwan, ligne rouge chinoise
La Chine considère Taïwan comme une question centrale de souveraineté et réclame depuis longtemps l’arrêt des ventes d’armes américaines à l’île. Les États-Unis ne reconnaissent pas Taïwan comme un État indépendant, mais leur législation les engage à fournir à Taipei les moyens de se défendre. Le gouvernement taïwanais rejette de son côté les revendications de souveraineté de Pékin.
Le volet iranien donne une dimension supplémentaire à la négociation. Le 16 septembre, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré à son homologue iranien Abbas Araghchi que Pékin était prêt à jouer un rôle constructif pour favoriser une reprise des discussions entre Washington et Téhéran et pour contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz.
À Taïwan, les tensions militaires restent élevées. L’île a organisé ces derniers jours des exercices combinant pour la première fois drones d’attaque, missiles antiaériens et armes antinavires, à l’approche de la rencontre Trump-Xi. Ces manœuvres interviennent alors que Taipei suit de près le sort des livraisons américaines déjà commandées.
La Maison-Blanche prévoit une cérémonie d’accueil officielle pour Xi Jinping jeudi 24 septembre, suivie d’entretiens avec Donald Trump. Une visite des Archives nationales américaines est également programmée vendredi, un lieu où le communiqué sino-américain de 1982 pourrait revenir au centre des échanges selon les sources citées par Reuters.



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