Deux milliardaires russes sortent de la liste noire, l’UE maintient près de 3 000 cibles pour trois ans
L’Union européenne a retiré Alisher Usmanov et Mikhail Fridman de sa liste de sanctions tout en prolongeant pour trois ans les mesures visant près de 3 000 autres personnes et entités liées à la Russie. Le compromis a provoqué la colère de Kiev.

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L’Union européenne a retiré mardi Alisher Usmanov et Mikhail Fridman de sa liste de sanctions liées à la guerre en Ukraine, tout en prolongeant pour trois ans les mesures visant près de 3 000 autres personnes et entités. Le compromis, conclu à Bruxelles à quelques heures de l’expiration du dispositif, évite la chute de l’ensemble des gels d’avoirs et interdictions de voyage concernés.
La Lettonie, dernier pays à s’opposer à l’accord, s’est finalement abstenue, permettant l’adoption de la décision. La France poussait pour la sortie d’Usmanov de la liste, tandis que le Luxembourg demandait celle de Fridman. Les sanctions individuelles européennes exigent l’unanimité des États membres pour être renouvelées.
Kiev a vivement réagi. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a qualifié le retrait des deux hommes de « honteux et injustifiable » et appelé les États européens à envisager leurs propres restrictions. Le Premier ministre letton, Andris Kulbergs, a lui aussi indiqué que Riga pourrait adopter des sanctions nationales.
Usmanov et Fridman avaient été inscrits sur la liste européenne en 2022 après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Les mesures comprennent notamment le gel des avoirs détenus dans l’Union européenne et des restrictions de déplacement. Le compromis adopté mardi rompt avec la pratique habituelle d’un renouvellement tous les six mois en prolongeant l’essentiel du dispositif pour trois ans.
Un compromis arraché avant l’échéance
Le désaccord avait déjà contraint les Vingt-Sept à accorder, le 14 septembre, une prolongation technique d’une semaine seulement, jusqu’au 22 septembre. Un précédent bras de fer sur les sanctions européennes avait déjà illustré la fragilité de ces décisions soumises aux rapports de force entre capitales. Plusieurs réunions de haut niveau en Europe et en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York ont été nécessaires pour éviter que le régime ne tombe à échéance.
Paris avait invoqué des considérations de sécurité nationale pour soutenir le retrait d’Usmanov. Des diplomates européens cités par Reuters ont également évoqué des pressions de l’Azerbaïdjan, où deux ressortissants français sont détenus, une présentation rejetée par Bakou. Le Luxembourg, de son côté, faisait face à une procédure d’arbitrage engagée par Fridman, qui réclame 16 milliards de dollars.
Le régime européen repose sur la décision 2014/145/PESC du Conseil, adoptée après l’annexion de la Crimée et élargie depuis 2022. Il vise les personnes et entités considérées comme soutenant ou bénéficiant d’actions portant atteinte à l’intégrité territoriale, à la souveraineté ou à l’indépendance de l’Ukraine.



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