Soudan : Washington retient le visa de Burhan avant l’ONU, Khartoum saisit Guterres
Les États-Unis n’avaient toujours pas délivré mardi le visa d’Abdel Fattah al-Burhan pour l’Assemblée générale de l’ONU. Khartoum a saisi Antonio Guterres, tandis que des sources lient le blocage à une proposition américaine de trêve de 90 jours.

Les États-Unis n’avaient toujours pas délivré mardi 22 septembre de visa d’entrée au général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée et président du Conseil souverain de transition du Soudan, à quelques jours de son intervention prévue à l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Khartoum a saisi le secrétaire général Antonio Guterres pour demander son intervention immédiate.
n
Dans une lettre datée du 21 septembre, l’ambassadeur soudanais auprès de l’ONU, Al-Harith Idriss Al-Harith, avertit que l’absence de visa empêcherait de fait le dirigeant soudanais de participer en personne aux travaux de l’Assemblée générale. Selon Reuters, une source diplomatique soudanaise et un analyste occidental proche des responsables américains et soudanais estiment que la délivrance du visa semble liée à l’acceptation par Burhan d’un cessez-le-feu de 90 jours proposé par Massad Boulos, conseiller américain pour les affaires arabes et africaines.
n
Le département d’État américain et les autorités soudanaises n’avaient pas commenté publiquement cette condition mardi. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que le secrétaire général était profondément préoccupé par l’absence de visa et que le Secrétariat avait immédiatement saisi les autorités américaines.
n
Le bras de fer intervient alors que Burhan affiche publiquement sa défiance envers les solutions imposées de l’extérieur. Le 19 septembre, il a déclaré que les problèmes du Soudan devaient être réglés par un dialogue interne et a rejeté les « agendas extérieurs ». Dans une tribune publiée cette semaine, il a également soutenu que les précédentes pauses dans les combats avaient permis aux Forces de soutien rapide de se réorganiser.
n
Les tensions avec Washington se sont déjà accrues autour des sanctions internationales. Burhan avait récemment rejeté la proposition américaine d’étendre l’embargo sur les armes à l’ensemble du Soudan, estimant qu’elle pénaliserait l’armée face aux Forces de soutien rapide.
n
À New York, des forces civiles soudanaises opposées à la guerre ont, de leur côté, demandé lundi au secrétaire général de l’ONU et au Conseil de sécurité de soutenir une trêve humanitaire immédiate, la protection des civils et l’extension de l’embargo sur les armes. Cette position contraste avec celle défendue par le camp de Burhan sur les conditions d’un arrêt des combats.
n
La guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide dure depuis avril 2023 et a provoqué la plus grave crise humanitaire au monde selon l’ONU. Burhan doit prendre la parole devant l’Assemblée générale jeudi 24 septembre. En attendant, le Soudan est représenté à New York par son ministre des Affaires étrangères, Mohieldin Salem.



Commentaires