Trump veut acheter la potasse du Bélarus moins cher que celle du Canada

Donald Trump dit négocier un important accord d’achat avec Minsk afin de réduire le coût de la potasse pour les producteurs américains. Le projet intervient après l’allègement des sanctions sur Belaruskali, dans un marché où le Canada domine largement les approvisionnements des États-Unis.

ECONOMIE
Mine de potasse Belaruskali à Salihorsk, au Bélarus
Photo : Homoatrox / Wikimedia Commons
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Les États-Unis négocient un important accord pour acheter de la potasse au Bélarus à un prix inférieur à celui payé au Canada, a déclaré Donald Trump lundi 21 septembre. Le président américain présente cette diversification comme un moyen de réduire la facture des engrais pour les agriculteurs et éleveurs américains.

Aucun volume, montant ni calendrier n’a été rendu public. Washington dépend très largement des importations pour cet engrais indispensable aux cultures : en 2024, sa dépendance nette aux importations atteignait 93 %, selon l’US Geological Survey (USGS). Entre 2020 et 2023, le Canada fournissait 79 % des importations américaines de potasse.

L’annonce intervient alors que Washington a déjà desserré l’étau autour du secteur biélorusse. Le 26 mars, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a retiré Belaruskali, le principal producteur public de potasse du pays, de sa liste des personnes et entités spécialement désignées. Le programme américain de sanctions visant le Bélarus reste toutefois actif et continue de concerner d’autres personnes et structures.

Le Bélarus pèse lourd sur ce marché. Il était le quatrième producteur mondial de potasse en 2024 avec 10,7 % de la production mondiale, selon l’USGS. Le pays a exporté cette année-là 6,43 millions de tonnes en équivalent K2O, dont 29 % vers la Chine.

Alexandre Loukachenko a déclaré le 11 septembre que les ventes de potasse biélorusse aux États-Unis avaient repris après l’allègement des restrictions américaines. Minsk réclame parallèlement le déblocage de plus de 40 millions de dollars encore gelés dans le système bancaire américain. Les exportations biélorusses restent confrontées à des itinéraires plus longs et plus coûteux depuis la fermeture de la route historique par le port lituanien de Klaipėda.

Josh Linville, vice-président de StoneX, a estimé auprès de Reuters qu’un accord avec Minsk ne bouleverserait probablement pas l’approvisionnement américain en potasse, le marché disposant déjà de volumes suffisants. Les tensions sont plus fortes sur les engrais azotés et phosphatés, affectés par la guerre en Iran. Ni Washington ni Minsk n’ont encore précisé la quantité, le prix contractuel ou la date des premières livraisons envisagées.

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