Tribunal de Dakar : une fuite de données touche près de 4 800 dossiers judiciaires
Une enquête de la Division des investigations criminelles (DIC) vise une fuite massive de données judiciaires au tribunal de Dakar. Près de 4 792 dossiers de flagrants délits, couvrant la période du 1er décembre 2020 au 10 avril 2026, auraient été extraits illicitement, entraînant des interpellations et des auditions.

SOMMAIRE

Selon les éléments transmis aux enquêteurs, l’affaire est partie d’un signalement adressé au parquet par un agent en poste au Bureau d’enrôlement des dossiers de flagrants délits. Des vérifications ont ensuite mis en lumière des accès non autorisés à des registres contenant des informations personnelles, des identités de mis en cause, des qualifications d’infraction, des mandats de dépôt et des décisions judiciaires.
Trois personnes ont été arrêtées et présentées au parquet le lundi 13 avril 2026 : Pierre Sakho, consultant en informatique; Makhtar Ka, surveillant de prison principal affecté au Bureau d’enrôlement; et Ibrahima Coulibaly, informaticien au sein du tribunal de Dakar. Les investigations ont été conduites par la Brigade des affaires générales (BAG) de la DIC.
Les enquêteurs indiquent que Pierre Sakho, qui s’était présenté comme développeur d’une solution numérique pour moderniser le traitement des dossiers, a obtenu l’accès à un exemplaire de dossier présenté comme support de travail. Les analyses auraient révélé qu’il n’avait pas limité ses consultations à cet unique document et qu’il avait copié plusieurs fichiers sur un ordinateur personnel saisi lors des investigations.
Auditions, saisies et traces numériques
Lors de son audition, Pierre Sakho a reconnu être intervenu dans les registres d’enrôlement et avoir conservé des fichiers sur son matériel informatique, tout en affirmant agir avec l’accord d’un agent du service. L’examen de l’ordinateur saisi a permis de découvrir un logiciel et des fichiers correspondant à des dossiers de flagrants délits extraits de la base du Bureau d’enrôlement.
Selon les pièces de l’enquête, les fichiers retrouvés couvrent la période du 1er décembre 2020 au 10 avril 2026 et totalisent 4 792 dossiers. Pierre Sakho a imputé l’accès à certaines données à la complicité d’un agent du Palais de Justice, identifié comme Ibrahima Coulibaly.
Ibrahima Coulibaly, décrit comme informaticien au tribunal de Dakar et en poste au bureau de l’exécution des peines depuis juin 2025, a reconnu avoir transmis des données limitées à l’année 2025, mais a nié être l’origine des fichiers antérieurs à sa prise de fonction.
Selon sa version, les fichiers plus anciens pourraient provenir du Bureau d’enrôlement des dossiers de flagrants délits, où sont conservés les registres concernés, ce point constituant un axe central des investigations menées par les autorités judiciaires compétentes.



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