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Sénégal : Dakar ratifie le traité sur la biodiversité en haute mer

Le Sénégal a ratifié l’accord BBNJ sur la protection de la biodiversité marine en haute mer, entré en vigueur en janvier 2026. Cette adhésion permet à Dakar de prendre part aux futures décisions sur la gouvernance des océans, les aires marines protégées et le partage des bénéfices liés aux ressources génétiques marines, dans un dossier stratégique pour les pays côtiers africains.

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Le Sénégal a ratifié l’Accord des Nations Unies sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales (BBNJ), connu sous le nom de traité sur la haute mer, selon des informations publiées lundi 18 mai par plusieurs médias sénégalais. Le traité est entré en vigueur le 17 janvier 2026, soit 120 jours après avoir atteint le seuil de 60 ratifications requis, le 19 septembre 2025.

Le Maroc et la Sierra Leone avaient déposé leurs instruments de ratification le 19 septembre 2025, devenant les 60e et 61e États parties au traité selon l’ONU, et déclenchant son entrée en vigueur. Le Togo avait par ailleurs voté la ratification du texte le 18 décembre 2025 au plan parlementaire. Le Sénégal est en revanche l’un des premiers pays africains à ratifier le traité postérieurement à son entrée en vigueur, si le dépôt des instruments s’est bien effectué entre le 16 avril et le 18 mai 2026, période pendant laquelle VivAfrik mentionnait encore le Sénégal comme « engagé dans un processus de ratification ».

L’Accord BBNJ a été finalisé le 4 mars 2023 et adopté formellement le 19 juin 2023, à l’issue d’un processus de négociation de près de vingt années sous l’égide des Nations Unies. Il constitue le troisième accord de mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui fait office de « constitution des océans ». Le traité est le premier instrument juridiquement contraignant consacré exclusivement à la protection de la biodiversité dans les zones situées au-delà des eaux territoriales et des zones économiques exclusives des États côtiers, dites haute mer, qui couvrent environ 64 % de la surface des océans mondiaux.

Selon la collection des traités de l’ONU, le traité compte à ce jour 73 ratifications, dépassant largement le seuil minimum requis. Les États-Unis, la Chine et la Russie n’ont pas encore ratifié le texte.

Quatre piliers et des enjeux stratégiques pour l’Afrique

Le traité s’articule autour de quatre axes : l’accès équitable aux ressources génétiques marines et le partage des avantages qui en découlent ; la création d’aires marines protégées en haute mer ; l’évaluation de l’impact environnemental des activités humaines au-delà des juridictions nationales ; et le renforcement des capacités scientifiques et technologiques des pays en développement.

Pour les pays africains, l’enjeu central porte sur les ressources génétiques marines des grands fonds, exploitées notamment dans les secteurs pharmaceutique, cosmétique, biotechnologique et énergétique. Selon des estimations publiées par la Direction des aires marines communautaires protégées du Sénégal, citées lors d’une réunion à Dakar le 16 avril 2026 avec l’appui du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Sénégal cherche à se positionner dans la gouvernance maritime régionale en accompagnant ce processus. Oumar Sow, directeur de cette direction, avait à cette occasion précisé que la rencontre du 16 avril visait « le partage du nouvel accord entré en vigueur depuis le 17 janvier 2026 » et s’inscrivait dans « le processus de ratification et de mise en œuvre de ce traité international ».

Un calendrier institutionnel à venir

La première Conférence des parties (COP 1) au traité BBNJ doit se réunir dans un délai d’un an après l’entrée en vigueur, soit au plus tard le 17 janvier 2027. Une Commission préparatoire (PrepCom) a tenu ses deux premières sessions en avril et en août 2025. Sa troisième session a eu lieu du 23 mars au 2 avril 2026 à New York pour préparer les arrangements institutionnels définitifs. Seuls les États ayant formellement ratifié le traité, ou y ayant accédé, peuvent voter lors des COP, ce qui confère une valeur stratégique immédiate à toute ratification intervenant avant la COP 1. L’Union européenne a engagé 40 millions d’euros via son Programme mondial pour l’océan pour soutenir la mise en œuvre du traité, en priorité dans les pays en développement.

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