Tchad : N’Djamena interdit l’exportation de céréales après la sécheresse
Le gouvernement tchadien interdit l’exportation de plusieurs céréales et allège les droits à l’importation sur des denrées et équipements agricoles, après des épisodes de sécheresse et de forte chaleur qui ont fragilisé les récoltes.

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Le gouvernement tchadien a interdit l’exportation du mil, du maïs, du riz, du sorgho, du blé et des graines de coton à compter du 9 septembre 2026, tout en supprimant des droits et taxes à l’importation sur plusieurs denrées de base et équipements agricoles. Ces mesures visent à préserver l’approvisionnement du marché intérieur après des périodes de forte chaleur et de sécheresse qui ont affecté les cultures dans plusieurs régions du pays.
L’interdiction a été prise par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu. Elle couvre également certains produits dérivés des céréales concernées. Le sésame, l’arachide et le coton fibre restent en revanche autorisés à l’exportation, selon les dispositions rendues publiques mercredi.
Dans un arrêté distinct, le ministre d’État chargé des Finances, Tahir Hamid Nguilin, a exonéré de droits et taxes à l’importation le froment, le maïs, le mil, le riz, certaines farines et semoules, ainsi que des aliments pour le bétail et des équipements destinés au forage, au pompage et à la production agricole. Le texte est entré en vigueur dès sa signature.
Le ministre de la Production agricole et de l’Industrialisation, Keda Ballah, a indiqué à Reuters que les régions du centre, de l’est et du nord étaient les plus touchées par la sécheresse. Les autorités prévoient notamment de soutenir des cultures de contre-saison dans les zones irriguées afin de réduire le risque de pénuries alimentaires.
Une pression alimentaire déjà élevée
La décision intervient dans un contexte de forte vulnérabilité alimentaire. Le Programme alimentaire mondial indiquait le 8 septembre que 3,5 millions de personnes au Tchad faisaient face à une insécurité alimentaire sévère, tandis que le pays accueille environ 1,5 million de réfugiés, dont près de 945 000 ayant fui le conflit au Soudan depuis avril 2023.
Sur le terrain, les effets de la sécheresse sont déjà visibles dans certaines zones agricoles et pastorales. Un producteur de la province du Chari-Baguirmi a déclaré à Reuters avoir perdu 12 hectares de maïs, tandis qu’un éleveur du Mayo-Kebbi Ouest a décrit l’assèchement de cours d’eau et de mares utilisés habituellement pour le bétail à cette période de l’année.
Le gouvernement a parallèlement demandé à l’administration douanière d’appliquer immédiatement les exonérations décidées sur les importations concernées. L’arrêté du ministère du Commerce prévoit de son côté des sanctions contre les contrevenants à l’interdiction d’exportation, conformément aux lois et règlements en vigueur.



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